Média Citoyen Libre
Afrik53.com
Afrik53 - Actualité Africaine , abidjan, cote d'ivoire :  infos du jour 7j sur 7,  nouvelle afrique , infos du jour,  infos afrique  , actualité ivoirienne  ,  infos cote d'ivoire ,  actu Afrique , actu cote d'ivoire , news afrique, abidjan.net
Média Africain Libre & Infos Utiles
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Côte d'Ivoire : Etre bernés une première fois par Ouattara ne fait pas des Ivoiriens des dupes...

L'Afrique en mouvement - Isaac Pierre Bangoret le Mercredi 7 Janvier 2015 à 00:00 | Lu 584 fois



La politique telle que perçue par les disciples de Machiavel ou les partisans de la Realpolitik est l’art de la ruse, elle est fondée sur le mensonge légitime, les promesses fallacieuses. Ce ne sont pas, justement, les hommes politiques qui écrivent l’histoire des peuples mais plutôt des chercheurs, des universitaires, des analystes politiques, des historiens, des journalistes, des intellectuels, qui ont pour seule boussole la recherche de la vérité, l’analyse objective des faits. Le peuple ivoirien doit donc apprendre à observer surtout les actes posés par leurs dirigeants politiques, avant d’opérer leur choix pour le bonheur de tous.

Dans un de ses spots publicitaires, Ouattara, en 2010, parlait de deux millions de jeunes sans emplois, de plus de 200 milles gérants de cabines téléphoniques sur l’ensemble du territoire, de la corruption, qui gangrenait l’administration, des relations, qui primaient et non le mérite dans la recherche de l’emploi. Il avait même promis à tous le partage équitable du « Gâteau ivoirien ».

Une fois installé de force à la tête de la Côte d’Ivoire, avec l’aide des maîtres de la francophonie, nous avons assisté à la naissance d’un nouveau concept politique et philosophique; le rattrapage ethnique, parce que le Nord se devrait de rattraper le retard accusé sur le reste du pays. De la « xénophobie » que Ouattara prétendait combattre nous sommes passés à une politique ségrégationniste, tribaliste. Les grands travaux évoqués fièrement par Ouattara, lors de la formulation des voeux 2015, ne sont pas, étrangement, réalisés au Nord, mais principalement au sud du pays ; une politique de développement décriée par les fils du Nord, qui reprochaient aux gouvernements précédents la disparité régionale, le manque cruel d’infrastructures modernes dans leurs régions.

Ouattara et son gouvernement secret français ont pour objectif principal la pacification de la Côte d’Ivoire. Pour mener les ânes que nous sommes, ils manient, avec dextérité, le fouet (la violence, la guerre, les intrigues politiques) et nous procurent des carottes farcies (le don de miroirs, de ponts aux grands chefs, la carrière professionnelle aux chefs des clans etc…). Une analyse objective de la politique de développement de Ouattara démontre que son intention n’est pas de libérer véritablement les fils du Nord, mais de créer une certaine dépendance pour les avoir à sa merci.

Le Nord est, à dessein, sous son mandat, privé de grands travaux, mais il concède, en retour, à ses fils, tous les postes stratégiques de son administration. Une fois promus à ces haut postes, ces dirigeants choisissent d’observer l’omerta, seule condition pour bénéficier de ce privilège. Le reste de leurs populations peut alors croupir dans la misère. Aux populations du sud, du Centre, de l’Ouest, de l’Est, Ouattara accorde des infrastructures viables, des hôpitaux, des ponts, des autoroutes à péage, mais ces derniers privés d’emplois, au détriment des fils du Nord, ne peuvent jouir de tout ce luxe.

Sous sa gouvernance, les fils du Nord sont semblables à des personnes qui ont plein d’argent dans les poches mais ne peuvent se procurer des produits de consommation, tandis que les autres ivoiriens ont, à leur portée, des produits de consommation qu’ils ne peuvent malheureusement s’offrir puisque leurs poches sont vides. Les Ivoiriens les plus heureux sont ceux qui gravitent autour des membres de la bourgeoisie d’État prêts à tout brader au système français d’oppression et d’exploitation dont Ouattara est le représentant légal.

Après un résumé sommaire des monts et merveilles promis par Ouattara aux « indigènes » naïfs que nous sommes, prêts à nous contenter d’eau potable, d’électricité, de ponts, de garba (un repas ivoirien), il nous appartient, au seuil des présidentielles de 2015, de ne plus nous laisser hypnotiser par son sourire ironique, son apparente douceur et humilité. Nous sommes dans un contexte psycho-politique qui nous invite à plus de réalisme et d’objectivité, dans le but d’éviter à notre pays le chaos que nous prépare Ouattara ; un homme souffrant qui n’a, en réalité, rien à perdre mais tout à « gagner ». Il est le
représentant africain de la nouvelle mondialisation, de la théorie politique des grands ensembles, celle du « laisser faire ».

Il oeuvre afin que le pouvoir d’État soit concédé, non aux hommes politiques, mais plutôt aux grandes multinationales qui ont déjà conduit le monde au chaos, à la crise de 1929. Avec Ouattara doit disparaître du continent africain l’idéologie socialiste qui a au centre de toutes ses activités politiques la sécurité des peuples pour lesquels nous luttons. Pour mieux saisir la subtilité de cet ultime piège que nous réserve Ouattara, nous pouvons analyser ses paroles, ses faits et gestes, à partir d’une théorie des jeux applicable aussi bien aux domaines de l’économie (des affaires), de la psychologie, de la biologie, de la politique internationale et nationale.

Il s’agit du dilemme du prisonnier, une théorie des jeux énoncée en 1950 par Albert Tucker. Pour rendre plus accessible cette théorie, considérons des personnes en affaires. Elles sont tenues de coopérer si elles veulent préserver leurs relations commerciales, leurs intérêts réciproques. Cependant chacune de ces personnes serait tentée de trahir ses associés, dans le cas où d’un commun accord, elles choisiraient de coopérer une dernière fois, ou une seule fois, sans jamais plus se rencontrer, puisqu’elles se diront, en effet, si elles coopèrent et qu’elles sont trahies par leurs partenaires, elles perdraient tout, et seraient pénalisées.

Lorsque nous appliquons cette théorie des jeux aux présidentielles de 2015 en Côte d’Ivoire, après l’appel de Daoukro, et les candidatures de Banny, d’Essy Amara, de KKB, nous avons en présence les protagonistes suivants : le RDR, le PDCI de Bédié, le FPI (Gbagbo et Affi), l’opposition dans son ensemble, l’armée (soutien « indéfectible » de Ouattara) et le peuple ivoirien. Le dilemme du prisonnier (cette théorie des jeux) peut nous permettre de juger de la bonne ou de la mauvaise foi de nos dirigeants politiques, afin de juguler les risques qu’ils pourraient faire peser sur le tissu social ivoirien.

Il nous appartient, par conséquent, à partir de cette théorie de répondre aux questions suivantes : Qui parmi ces différents protagonistes a intérêt à collaborer au bonheur du peuple, à la paix sociale, et qui a intérêt à trahir ? Ceux qui ont intérêt, en général, à trahir sont les gouvernants qui sont conscients du fait que le jeu politique ne se jouera, pour eux, qu’une dernière fois, une seule fois; il s’agit, par exemple, des personnalités secrètement malades ou frappées par la limite d’âge etc… Ceux qui sont obligés de collaborer savent que toute trahison leur serait fatale ou signerait la fin de leur carrière politique.

Alassane Ouattara et les membres de son gouvernement secret français; « les maître du jeu politique » auraient-ils intérêt à trahir ou à coopérer avec le peuple et leurs alliés? Analysons le contexte politique : un Ouattara malade serait, en 2015, à son dernier mandat. Le jeu politique ne se jouerait donc pour lui qu’une dernière fois. De nouveau au pouvoir il pourrait tout se permettre puisqu’il ne sera pas poursuivi par la justice nationale ou internationale pour crimes économiques ou crimes contre l’humanité parce que ses avocats pourraient choisir comme cheval de bataille ses soins intensifs. Il peut être aussi assuré du soutien indéfectible de Fatou Bensouda, qui ne menace d’ailleurs aucun de ceux qui se prosternent aux pieds de son souverain mandingue.

Cet homme politique apparemment privé d’émotion, n’aurait donc pas, objectivement, intérêt à coopérer avec le PDCI, avec Soro et ses soldats, avec le peuple, mais plutôt à trahir ses adversaires politiques et ses alliés, pour soumettre notre pays aux multinationales qui l’ont installé de force. Que dire de Charles Banny né le 11 novembre 1942 et d’Essy Amara né le 20 décembre 1944 ? Après le mandat de 2015, ces personnalités seraient frappées par la limite d’âge, Banny aura 78 ans et Essy Amara 76 ans.

Pour ces derniers les présidentielles de 2015 constitueraient, par conséquent, une dernière opportunité pour s’assurer une retraite heureuse, un « repos bien mérité », à l’instar de Bédié, qui a choisi à Daoukro de confier à Ouattara les destinées du PDCI-RDA, et qui n’a d’yeux que pour les membres de son clan. L’on pourrait accorder à Banny et à Amara le bénéfice du doute s’ils choisissent, désormais, d’emprunter la voie de Gbagbo, leur frère cadet qui lutte pour le bonheur des Ivoiriens, dans leur ensemble. Si nous nous conformons strictement à une analyse scientifique de leurs actes politiques, à la lumière de cette théorie des jeux, nous pouvons conclure qu’ils ont plus intérêt à trahir qu’à coopérer.

Leur bravoure verbale pourrait s’inscrire dans une comédie politique qui vise à attirer à eux puis à Ouattara les déçus de sa mauvaise gouvernance. Ils seront obligés de coopérer avec Ouattara et invités à trahir le peuple s’ils tiennent à la libération de leurs proches. Pourront-ils résister à ce chantage politique ? Kouadio Konan Bertin, Charles Blé Goudé, Soro Guillaume, compte tenu de leur jeune âge ont, rationnellement, tous intérêt à coopérer qu’à trahir. Il en est de même d’Affi, parce que sa trahison signerait la fin de sa carrière politique. Ayant choisi la voie de la diplomatie, il est tenu de respecter les règles diplomatiques, et n’est plus à même de tenir le langage des résistants, parce qu’il a une ligne rouge à ne plus dépasser avec Ouattara.

Ce qui explique ses réponses évasives sur VOXAFRICA qu’il nous appartient d’étayer. Ouattara a choisi, en effet, de ne plus transférer la députée Simone Gbagbo à la Haye, parce que ce dernier acte l’aurait obligé à y envoyer au moins un de ses partisans, un leader politique, un officier de son armée voire Blaise Compaoré. La mutinerie, qui a éclaté, de manière concomitante à l’annonce du transfert de l’ex première Dame, l’a contraint à y renoncer. Ouattara ne négocie, en fait, que lorsqu’il n’a plus d’autres issues pour narguer ses adversaires politiques. Il est aussi bon de noter qu’au FPI nous avons, en définitive, trois groupes et non deux comme relevés par Affi.

Il y a, en effet, des militants qui tiennent à coopérer avec Ouattara, à participer aux élections même si toutes les conditions ne sont pas réunies pour aller à des élections libres et transparentes ; il s’agit des partisans d’Affi , qui privilégient, notons le bien, la voie diplomatique puisque toutes les autres positions sont elles-aussi des choix politiques. Nous n’avons pas avec Affi des modérateurs, qui se servent de la politique et avec Gbagbo ou d’autres dirigeants du FPI des extrémistes, partisans de la violence. Le second groupe a trait à ceux qui trouvent que Ouattara feint de coopérer.

Ces militants du FPI ne tiennent pas à rendre légitime un régime illégitime, puisque ces élections truquées d’avance conduiront, de nouveau, à la guerre. Le dernier groupe est prêt à aller aux élections avec Gbagbo à la tête du FPI, si les conditions sont réunies pour l’organisation d’élections transparentes, le retour des exilés, si les prisonniers politiques sont jugés ou libérés.

Ces précisions s’avèrent utiles dans un climat politique où le mensonge est roi. Que dire de Gbagbo dans le cadre de la théorie des jeux? Gbagbo n’a pas besoin de démontrer sa bonne foi, c’est son obstination à coopérer qui l’a conduit à la Haye et non en exil aux USA ou en Afrique. Nous avons été bernés une première fois par Ouattara, ne nous laissons pas duper une seconde fois par cet économiste qui a, scientifiquement, plus intérêt à trahir le peuple ivoirien qu’à coopérer.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)


Isaac Pierre Bangoret
Mercredi 7 Janvier 2015
Vu (s) 584 fois



1.Posté par walaa le 07/01/2015 20:47 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
de quelles elections parlez vous? comment une nation en prison peut elle aller aux élections?
toute l'opposition est en prison, la cote d'ivoire elle meme est en prison!
dans ces conditions qui va aller voter? arretez de chercher a légaliser ouattara en 2015!

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Afrik53.com : Chers intervenants, injure = exclusion définitive de notre site

Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Afrik53.com . Si votre site se veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures personnelles entre certains lecteurs qui se connaissent aussi bien de façon épistolaire que physique.

Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

Dans la même rubrique :
< >

Mardi 6 Décembre 2016 - 07:28 Côte d'Ivoire : Ils nous ont dit...

Histoire Côte d'Ivoire | C.I - Revue Politique | C.I - Revue Société | C.I - Revue Economie | Revue Infos Plus | Gbagbo & Blé Goudé | C.I - Simone Gbagbo | C.I - FPI | Les Réactions | C.I - Affaire à suivre | C.I - Sport | Alerte Prévention | C.I - Education | C.I - Faits Divers | Débat Ivoirien | Révolution Permanente | Interviews | Droit de réponse | Afrik53.com | Interpellation | C.I-Présidentielle 2015 | Culture / Evènements









Les Articles les plus lus

Bien Vivre en Bonne Santé


Incroyable !