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Côte d’Ivoire, Congo Belge et ONU - Quand l’Histoire africaine bégaie !

L'Afrique en mouvement - Afrik53 - Media Libre pour tous le Mardi 21 Décembre 2010 à 16:40 | Lu 625 fois



Côte d’Ivoire, Congo Belge et ONU - Quand l’Histoire africaine bégaie !
Le 18 janvier 2011, ceux qui gouvernent l’Afrique et l’ONU passeront probablement sous silence le cinquantième anniversaire de l’assassinat du Premier Ministre Congolais (RDC) Patrice Lumumba.

(Les Ivoiriens et les Africains devraient méditer à cette occasion sur le destin funeste des politiciens sur le continent noir : ceux qui résistent sans moyens véritables et ceux qui au nom du « réalisme » sacrifient des centaines de millions de leurs compatriotes pour quelques années de pouvoir vite oubliées).

Le discours de Lumumba lors de la proclamation de l’indépendance du Congo Belge le 30 juin 1960 devait signer également son arrêt de mort. Le Premier Ministre s’était livrer devant la communauté internationale à une charge en règle contre le colonisateur avec des phrases mordantes et incisives qui réveillerait l’auditoire après le discours humiliant pour l’Afrique du Président Kassa-Vubu plein de « realpolitik ».

Le leader Lumumba va s’emparer du micro et souligner qu’« une indépendance concédée n’est qu’un aménagement de la servitude […] Qui oubliera les fusillades où périrent tant de nos frères et les cachots où furent jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre » ?

Etait-ce bien nécessaire diront certains ? Cette minute de vérité nous paie de quatre-vingt ans de domination ! », s’exclamera néanmoins un politicien congolais. Mais, blessé dans sa dignité, le très catholique Roi Baudoin décide alors de regagner Bruxelles sans assister au banquet qui doit clore cette journée historique.

La mort de Lumumba est programmée

Depuis l’immeuble des Nations unies les diplomates observaient ce qui se passait au Congo ex-Belge qu’un expert minier avait qualifié naguère de « scandale géologique ».

Les occidentaux se méfiaient déjà de Lumumba, profondément patriote, perpétuellement agité, et qui avait le tort de ne pas contrôler sa façon de penser. Il s décidèrent d’un accord tacite de s’en débarrasser. Le leader Congolais va les y aider par ses écarts de langage, ses fréquentations douteuses et des décisions intempestives.

Toute comparaison avec des acteurs vivants ne seraient que fortuite !

Plusieurs solutions furent envisagées, depuis le fusil à lunettes, jusqu’au poignard, en passant par un virus injecté par vaccin ou le poison mélangé à la nourriture servie à Lumumba. En définitive, on opta pour laisser les Congolais se charger du « sale boulot », après avoir mis en place le scénario suivant : favoriser une fuite de Lumumba et ensuite lancer à sa poursuite les forces de sécurité.

Patrice Lumumba croit s’échapper

Confiant en son étoile (un défaut majeur en Afrique), Lumumba le charismatique ne tiendra aucun compte des conseils de prudence de ses amis. En novembre 1960, Léopoldville en liesse accueillit le retour de Kassa-Vubu le très faible « Président » du Congo rentrant des Nations Unies. La surveillance de la villa du Premier Ministre (désormais retenu contre son gré) par les sbires du Général Mobutu s’était curieusement relâchée.

Or, le 30 novembre, vers 22 heures, éclata une providentielle tornade tropicale, Lumumba s’approchant de la fenêtre s’exclama : « C’est le moment ou jamais » ! Les soldats de Mobutu l’ancien journaliste devenu Général grâce à Lumumba regardèrent passer sous la pluie les voitures où s’étaient entassés le Premier Ministre et quelques ministres. Après avoir récupéré sa femme, son fils Roland et son ami Mongul Diaka, sa voiture prit la direction de l’Est.

« Le Lapin s’est échappé … » ! C’est en ces termes que sur le coup de 11 heures le lendemain, on annonça à Mobutu l’homme de la communauté internationale, la fuite de Lumumba. Le Général Mobutu organisa immédiatement et en personne la grande traque.

Les services de sécurité vont reconstituer rapidement son itinéraire, car un hélicoptère suivait Lumumba à la trace. Pendant ce temps le Premier Ministre un brin narcissique et dont les jours étaient pourtant comptés, s’attardait en chemin pour des discussions politiques avec les populations.

Dans un document publié quinze ans plus-tard, Michael Mulroney le directeur des « Opérations Clandestines » de la C.I.A (Les Complots de la C.I.A, Stock, Paris, 1976) avoue avoir mis au point plan pour éloigner Lumumba de la protection de l’O.N.U qui allait de soi à Léopoldville (Kinshasa).

Arrêté le 2 décembre 1960 à Port-Franqui (Llebo) le désormais ex-Premier Ministre fut embarqué dans un avion.

La crucifixion de Lumumba
L’appareil qui a servi au transport de Lumumba et de deux de ses compagnons d’infortune, était un D.C. 4, piloté par un Européen du nom de Bauwens selon Moïse Tshombé (un autre acteur politique Congolais cherchant à diriger l’Est du Congo à partir de la province minière de Katanga). Les Congolais n’ayant à l’époque aucun aviateur civil ou militaire.

Dès le décollage de l’appareil les sévices commencèrent. Un certain Mukenda frappa violemment Lumumba. Puis il se saisit d’un ciseau et le lui planta dans le nez. Alerté par les cris de la victime, le pilote Bauwens menaça de retourner à son point de départ si les « barbares congolais » encerclant Lumumba à l’arrière ne cessaient pas leurs tortures. Le Ministre de la défense Ferdinand Kazadi avouera à un journaliste, avoir simplement donné « quelques petites gifles » à Lumumba.

Quelques gifles qui ont amené l’ancien Premier Ministre à la langue trop pendue et ses amis Okito et Mpolo, en piteux état à Elisabethville (Lubumbashi). Des « ministres katangais » y étaient présents et les Suédois de l’O.N.U., tenus à distance, assistèrent dans l’indifférence à l’épilogue l’un des drames de l’histoire du Congo.

Dans tous les cas, « les premiers prisonniers politiques » du Congo indépendant vont être jetés dans une jeep et emmené vers un cercle accueillant des chevaux selon un mercenaire du nom de Rivaro qui a participé à la mise à mort de Lumumba avec quinze congolais et au moins deux capitaines belges. (Ephémérides africaines, Les Cahiers Sonores de l’O.R.T.F., 1974, Ibrahim Baba Kaké).

Le 18 janvier 1961, à une heure du matin, l’exécution commença. Plusieurs versions de la mort de Lumumba existe. Le rapport de la commission de l’O.N.U qui est un document de base, précise que Lumumba, jeté à terre du haut de la passerelle de l’avion, a été achevé d’un coup de baïonnette. (Rapport du 11 novembre 1961).

Dans tous les cas, dit le rapport « la commission tient pour véridique sur les points essentiels la version selon laquelle les détenus auraient été tués le 17 janvier 1961, après leur arrivée à Elisabethville (Lubumbashi) et très probablement sous les yeux de nombreuses personnalités politiques de l’est du Congo dont le leader Katangais Tshombé.

Laurent Gbagbo s’il n’est pas un nouveau Lumumba doit au moins faire attention la manière dont il quitterait le pouvoir en Côte d’ivoire.

Mais ironie du sort, le jour où Lumumba disparaissait, l’Occident d’un même mouvement condamna la sécession du Katanga animé par un certain Tshombé.

Débarrassé du charismatique leader congolais (Lumumba), Washington, Bruxelles et Paris entreprirent une action conjointe pour en finir avec l’encombrant sécessionniste Katangais. Alassane Ouattara est prévenu ! Il ne sera pas toujours indispensable car l’Histoire bégaie quelques fois .

« A peine se souvient on de Toutankhamon » confiait le Président français Mitterrand à la fin de sa vie. Les acteurs politiques Africains devraient parfois se demander au-delà de la puissance que procure illusoirement le pouvoir : quelle est l’objet d’un engagement politique dans une réalité temporelle aussi éphémère ? Peut-être que surgiront alors de nouveaux leaders voulant réellement le bien de notre continent.

Bruno Ben MOUBAMBA

bruno@moubamba


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Mardi 21 Décembre 2010
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