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Côte d'Ivoire. Affrontements de Sikensi. Le film des évènements

le Mercredi 28 Décembre 2011 à 08:30 | Lu 1547 fois



Soumaila Bakayoko
Soumaila Bakayoko

Le nouveau courrier

Les éléments des Frci ont décidé de n’en faire qu’à leur tête. Après avoir tué à Vavoua, il y a une semaine, cette fois c’est Sikensi, à une soixantaine de kilomètres d’Abidjan, qui a été hier, le théâtre d’affrontements entre populations et Frci, aidés par la communauté dioula.

Les éléments du général Soumaïla Bakayoko ont encore fait parler d’eux en ouvrant le feu sur les populations civiles, cette fois à Sikensi, à la suite d’affrontements. L’on dénombre au moins quatre morts et 13 blessés graves. Tout est parti d’une altercation, la nuit de Noël, entre un élément Frci et un jeune de Sikensi dans un maquis dénommé «SG». Le jeune homme du nom de Bébé Guy Martial était avec sa compagne dans le même maquis où était un groupe d’éléments Frci. L’un d’eux fait signe à la demoiselle, qu’il semble connaitre, tout en lui reprochant de façon désobligeante, d’être avec ce jeune homme. Ce que n’apprécie pas le jeune qui entretient une relation amoureuse avec la fille en question. Il s’en suit une altercation au cours de laquelle, l’élément Frci se sert d’une bouteille de sucrerie qu’il fracasse sur le crâne du jeune Guy Martial, dont le sang gicle aussitôt. Il sera évacué d’urgence vers l’hôpital de Dabou.

Aussitôt, des jeunes, révoltés, réagissent, dressant des barricades sur la principale voie, et brûlant des pneus, pour exprimer leur rasle- bol face au comportement excessif des éléments des Frci. Les populations manifestent leur colère en détruisant un poste avancé des Frci. Ces barricades sur l’artère principale ne sont pas du goût de la communauté dioula (habitant le quartier dioulabougou) qui s’y oppose vivement en prenant le parti des Frci.

Ce qui a conduit à des affrontements entre d’une part les populations, majoritairement des autochtones, armés de gourdins et d’armes blanches aux Frci qui bénéficiaient du soutien de la communauté dioula d’autre part, eux munis d’armes de guerre, de machettes, barres de fer et autres gourdins. Plusieurs habitations et magasins de la ville ont été saccagés et/ou incendiés. Un détachement d’éléments de la BAE a été dépêché en renfort sur les lieux, les soldats onusiens étaient aussi présents dans la ville pour mettre fin aux affrontements. Les éléments Frci en «règne» dans la ville de Sikensi étaient de la compagnie Guépard du commandant Chérif Ousmane. Ils ont été priés de lever le camp et ont regagné Abidjan depuis hier.

Jusqu’en fin d’après-midi et malgré la présence du ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, et des autorités militaires sur les lieux, la tension était toujours vive dans la ville. La mission de bons offices du ministre de la Défense n’aura été qu’une mission de plus et rien d’autres. Parce que si les décisions prises par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, avaient été ne serait-ce que partiellement mais vigoureusement effectives, ces incidents à n’en point finir et mettant en cause des Frci, pour la plupart non reconnus des fichiers officiels de l’armée ivoirienne, n’allaient pas prospérer.

Jamais deux sans trois, dit l’adage. Après Vavoua et Sikensi quelle sera donc la prochaine localité à connaitre ce genre d’évènement ? Les jours à venir nous situeront. Pour l’heure, les populations prient pour ne pas être les prochaines victimes et attendent des décisions - pour une fois courageuses - pour être rassurées.

Le chef d’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), le général Soumaïla Bakayoko, devrait au moins prendre ses responsabilités et rendre le tablier. Le général trois étoiles, doit rendre sa démission aussi simplement, après ces incidents de trop qui impliquent encore ses éléments, à Sikensi avec au moins 4 morts et une quinzaine de blessés. L’ex-Dg de la Rti, Brou Aka Pascal, pour un léger dysfonctionnement (une équipe de reportage qui serait venu en retard à l’arrivée du chef de l’Etat à l’aéroport, en juillet dernier) a été viré manu militari de son poste de directeur général de la chaine publique de télévision. Depuis plusieurs mois, les hommes du général Soumaïla Bakayoko sont à la base de morts d’innocentes personnes, sans que de sanctions vigoureuses de premier plan soient prises.

Il a fallu attendre la «révolte des malinkés» de Vavoua de la semaine dernière pour que le chef de l’Etat lance l’opération «traque des Frci indésirables » qui, passé l’effet d’annonce, a été un véritable pétard mouillé.

Après cette succession de tueries de populations par des éléments des Frci, se pose le problème de la connexion entre hiérarchie militaire et soldats de troupes. Comment comprendre et expliquer le fait que malgré les mises en garde des autorités militaires, le phénomène de la «gâchette facile» se poursuit chez les «sauveurs qu’on ne peut poursuivre», selon les propos du procureur de la République, Simplice Kouadio.

Aujourd’hui comme hier, ces «sauveurs» sèment la mort partout chez leurs alliés comme chez leurs traditionnelles victimes. Si l’exécutif hésite encore à prendre des sanctions opportunes, au lieu de passer le temps à dire que deux ou quelques éléments Frci ont été arrêtés, c’est donc au patron des Frci de rendre dignement le tablier. Parce que vraisemblablement incapable de remettre de l’ordre dans ses troupes. Pendant huit années de rébellion, avec comme Cema Soumaïla Bakayoko, ce genre d’incidents s’est avéré être le lot quotidien des populations des zones Cno. Aujourd’hui, c’est désormais à l’échelle nationale. Vivement, il est temps qu’aussi bien le Cema général des Frci que le ministre délégué à la Défense, rendent leurs démissions, devant la multiplication d’évènements douloureux impliquant les Frci. C’est aussi ça la rigueur tant claironnée sous l’ère Ouattara.

Focal. Yopougon / Altercation Onuci-Frci: 3 éléments Frci désarmés et arrêtés

La traque aux éléments Frci, désormais indésirables, s’est soldée hier par le désarmement et la mise aux arrêts de trois éléments des Frci à Yopougon-Sideci. Quand cinq autres ont pris leurs jambes à leurs cous. Ce sont les soldats de l’Onuci en patrouille dans le secteur qui ont mis le grappin sur ces «indésirables» toujours en possession d’armes de guerre et faisant des check-points inopinés. Selon les témoignages recueillis sur les lieux, c’est en fin d’après midi qu’une patrouille de l’Onuci, composée de deux cargos, arrive à hauteur du nouveau pont de Sideci et tombe sur un groupe d’éléments Frci armés.

Le convoi onusien fait mine de dépasser ces éléments Frci, avant de s’arrêter net à leur niveau. Les soldats de l’Onuci veulent s’enquérir des identités desdits éléments et s’ils sont reconnus dans les fichiers des effectifs réguliers des Frci. Et comme il fallait s’y attendre, ces individus n’ont pu justifier leur appartenance aux forces régulières. Tout naturellement, les soldats onusiens leur demandent poliment de rendre armes et treillis qu’ils détiennent illégalement. C’est mal connaitre ces Frci qui opposent un refus catégorique de se voir déposséder de leurs seuls biens. Il s’en suit alors des échauffourées. A la suite desquelles, les soldats de l’Onuci mettent le grappin sur 3 éléments Frci qui ont été désarmés et conduits manu militari à l’état major.

Les cinq autres éléments ont pris la poudre d’escampette grâce à l’efficacité de leurs jambes en pareilles circonstances, avec bien sûr, armes et munitions en leur possession. L’ultimatum de 48 heures ayant expiré depuis belle lurette et les «indésirables» continuent de «hanter» les rues abidjanaises et les villes de l’intérieur du pays. Au grand dam des populations.

Focal. Exactions répétées contre les populations. Un commandant Frci confesse : ‘‘Nous sommes un problème pour la population’’

L’un des responsables des Frci dans le district d’Abidjan, le commandant Traoré Salif dit «Tracteur», a fait son mea culpa samedi à Cocody, en présence de sa Majesté Tchiffi Zié Jean-Gervais, secrétaire permanent du Forum des rois, princes, cheiks, sultans et chefs traditionnels d’Afrique qui présidait une cérémonie dédiée à cette force de plus en plus décriée à travers le pays. Pour lui, le ras-le-bol généralisé des populations vis-à-vis des soldats FRCI aux agissements peu recommandables se justifie. «On est en train de [les] sensibiliser sur la conduite à tenir parce que aujourd’hui on est devenu un problème pour la population. Donc la population se plaint un peu de nous», admet-il.

Selon lui, «le désarmement ne se fera pas par la force», car leurs éléments accepteront déposer les armes. Malgré ce tableau sombre qui invite à la réflexion, sa Majesté Tchiffi Zié Jean Gervais se fera l’avocat des Frci. Rejetant les accusations et récriminations portées contre ces éléments qui n’ont aucune formation mais tiennent les populations en respect avec les armes en leur possession, il a plutôt accusé le régime de tergiverser et de ne pas prendre les décisions qu’il faut pour rassurer les Ivoiriens sur le plan sécuritaire. «Ils ont ouvert la prison, les gens sont sortis, ils se sont habillés en treillis, ils sont en train de faire du massacre partout et on veut parler de nos enfants, des honnêtes fils que Dieu nous a envoyé pour que nous ayons la paix dans ce pays», a accusé Tchiffi Zié. Selon le secrétaire permanent du Forum, le transfert du président Laurent Gbagbo était devenu tout un programme de gouvernement pour le régime. Alors que les ex-rebelles qui le soutiennent aujourd’hui disent avoir pris les armes pour régler des questions fondamentales dans le pays.

«Le transfert de Gbagbo à la CPI, insistera Tchiffi Zié, c’est devenu un problème en Côte d’Ivoire. Mais est-ce que c’est pour le transfert de Gbagbo à la CPI que nous [parlant des soldats] on avait pris les armes ? On a pris les armes pour un autre problème. Est-ce que ces problèmes là sont réglés ? Il faut les régler ces problèmes-là. Ce pour quoi nous avons pris les armes, on n’a qu’à les régler». Notamment la question de la nationalité.

Le secrétaire permanent du Forum des rois, princes, cheiks, sultans et chefs traditionnels d’Afrique a appelé à la sagesse ses filleuls invités à tourner le dos aux actes de violence et autres exactions répétées contre les populations. Des actes qui ternissent leur image. «Faites très attention ! Changez de route. Ne prenez plus l’ancienne route. L’ancienne route est périmée. C’était la route de la guerre», a conseillé Tchiffi Zié en présence du chef des Frci des IIPlateaux, le commandant Adams. Dans son intervention, il a revendiqué la paternité de l’accord de Ouaga, au nom de ses pairs chefs et rois d’Afrique.

Franck Toti / Gérard Koné / Anderson Diédri

Mercredi 28 Décembre 2011
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