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Samedi 19 Mai 2012

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Cote Ivoire - Histoire




Cote Ivoire - Histoire
La Côte d'Ivoire en forme longue République de Côte d'Ivoire, est un pays d’Afrique de l'Ouest, membre de l’Union africaine. D’une superficie de 322 462 km2, elle est limitée au nord par le Mali et le Burkina Faso, à l’ouest par le Liberia et la Guinée, à l’est par le Ghana et au sud par l’océan Atlantique. La population est estimée à 21 058 798 habitants en 20101,2. La Côte d’Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro (Abidjan demeurant capitale économique), pour langue officielle le français et pour monnaie, le franc CFA. Le pays fait partie de la CEDEAO.

D’abord protectorat français en 1843 et devenue colonie française en 1893, le pays acquiert son indépendance le 7 août 1960, sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République.

L’économie, essentiellement axée sur la production de café et de cacao, connaît au cours des deux premières décennies un essor exceptionnel, faisant de la Côte d’Ivoire un pays phare dans la sous-région ouest-africaine. En 1990, le pays traverse, outre la crise économique survenue à la fin des années 1970 et qui perdure, des périodes de turbulence aux plans social et politique. Ces problèmes connaissent une exacerbation à la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993. L’adoption d’une nouvelle constitution3 et l’organisation de l’élection présidentielle qui, en 2000, porte au pouvoir Laurent Gbagbo, n’apaisent pas les tensions sociales et politiques, qui conduisent au déclenchement d’une crise politico-militaire le 19 septembre 2002. Après plusieurs accords de paix, le pays s’engage le 4 mars 2007, dans un nouveau processus de sortie de crise fondé sur un accord politique conclu à Ouagadougou (Burkina Faso)4.


La date de la première présence humaine en Côte d’Ivoire est difficile à évaluer car les ossements ne se conservent pas dans le climat humide du pays. Cependant, la présence de fragments d'armes et d'outillages très anciens (haches polies taillées dans des schistes, débris de cuisine et de pêche) découverts sur le territoire national est interprétée comme la possibilité de la présence d’hommes, en assez grand nombre, au paléolithique supérieur (-15 000 à -10 000 ans)28 ou au minimum, l’existence sur ce terroir, d’une culture néolithique29. Les plus anciens habitants connus de la Côte d’Ivoire ont toutefois laissé des traces disséminées à travers tout le territoire.

Les populations arrivées avant le XVIe siècle sont aujourd'hui des groupes minoritaires ayant plus ou moins bien conservé l'essentiel de leurs civilisations. Ce sont les Agoua et Ehotilé (Aboisso), Kotrowou (Fresco), Zéhiri (Grand-Lahou) et Ega ou Diès (Divo)30. Mais le pays est surtout une terre de refuge et de migration qui reçoit, en provenance de la zone du Sahel, entre le XIe siècle et le XVIe siècle, les Mandé forestiers (Dan, Gban et Kwéni) mais également aux XIVe siècle et XVe siècle, d’autres groupes venus du nord (Ligbi, Numu et quelques clans Malinké), ce qui provoque quelques déplacements limités de populations plus anciennement établies (Krou sur la côte avant le XVe siècle et Sénoufo). Les XVIe siècle et XVIIe siècle consacrent l’arrivée au nord de plusieurs clans Malinkés ou mandé-dioula (Kamagaté, Keita, Binate, Diomandé, Zohi Chrystelle) et Sénoufo et au sud-est, des peuples en provenance de la basse vallée de la Volta (Efié, Essouma, Abouré, Alladian et Avikam). L’un de ces groupes akan (Abron) s’installe dans la région de Bondoukou à l’est du pays31.

Le XVIIIe siècle consacre les grandes migrations akan (Agni, Baoulé, Atié, Abbey, Ébriés, M'Battos, Abidji) dans le sud-est et le centre du pays ainsi que celle d’autres groupes malinkés (en provenance des rives de la Volta noire) et du sud des territoires actuels du Mali et du Burkina Faso32. Ces migrations sont causes de conflits entre les populations, mais permettent surtout de tisser de nombreuses alliances politiques et matrimoniales ainsi que des parentés à plaisanterie33.



Au contact de l’Europe

À l’initiative du prince Henri le Navigateur, les Portugais João de Santarém et Pedro Escobar découvrent le littoral ivoirien en 1470-1471 et jusqu’à la fin du XVIe siècle, les seuls Européens présents sur le littoral ivoirien sont portugais34. Ils seront rejoints à la fin du XVIe siècle par les Hollandais, puis au XVIIe siècle par les Français et les Anglais35,36.

En 1687, deux ans après le code noir, des missionnaires et des commerçants français s'installent sur le site d'Assinie, à l'extrémité est du littoral, vers la Côte de l'or, mais ils repartent en 1705 après avoir construit et occupé le fort Saint-Louis, de 1701 à 1704, car le commerce des esclaves contre des céréales ne rapporte pas assez37. Parmi eux, le chevalier d'Amon et l'amiral Jean-Baptiste du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal, principale société de la traite négrière française, débarquent, intéressés par le trafic de l'or, et sont reçus à la cour du roi Zéna. Dans le rapport que Jean-Baptiste du Casse remet aux autorités françaises, il insiste sur l'impérieuse nécessité de créer des établissements fixes dans la région, citant trois lieux pour élever trois forteresses : Assinie, Commendo et Accra38. Mais les français sont plutôt à Ouidah39, l’un des deux ports, avec Lagos, qui ont concentré 60% des deux millions d'embarquements d'esclaves de la baie du Bénin40.

Ils ramèneront en France le jeune « prince » Aniaba et son cousin Banga, lesquels seront présentés au roi de France Louis XIV et se convertiront au catholicisme (Aniaba sera baptisé par Bossuet, évêque de Meaux). Ils deviendront officiers dans le Régiment du Roi, avant de retourner à Issiny vers 1700. Aniaba serait devenu en 1704 conseiller du roi de Quita (actuel Togo), se faisant appeler Hannibal.

Ces Européens entretiennent des relations religieuses, parfois politiques mais surtout commerciales avec les populations du littoral ivoirien. L’abondance de l’ivoire donne à cette partie du territoire africain le nom de Côte de l’ivoire41 également appelée, à cause des relations difficiles avec les habitants, Côte des mal gens42,43. Le commerce concerne divers produits tropicaux, mais il est surtout dominé par la traite négrière. L’esclave est le produit des guerres tribales, le fruit d’une mise en gage ou le résultat d’une décision judiciaire. Certaines personnes sont esclaves de naissance, héritant ainsi du statut de leurs ascendants44.

La traite négrière constitue au XVIIIe siècle l’essentiel des échanges entre les populations côtières et les marchands européens. La Côte d’Ivoire qui reste jusqu’au XIXe siècle, un espace de traite d’importance moindre comparativement au Bénin36 ou au Nigeria, subit également les conséquences négatives du phénomène45 dans les différentes sociétés. L’on enregistre de nombreux morts, une diminution de la natalité, la rapide diffusion d’épidémies et des famines qui n’épargnent ni les sociétés lignagères, ni les empires ou royaumes établis sur le territoire. La traite négrière strictement interne perdurera en Côte d'Ivoire jusqu'à la fin du XIXe siècle[réf. nécessaire].

La zone forestière est le siège par excellence de sociétés où l’autorité du chef de lignage s’exerce généralement au niveau d’une tribu. Elle connaît une mutation sociale significative caractérisée par la multiplication et le développement de diverses alliances d’où naissent des confédérations tribales, claniques ou régionales. Une telle évolution diffère du cheminement constaté au nord, dans les différentes branches du groupe sénoufo. Conçu à l’origine sur un schéma proche des sociétés lignagères, le groupe sénoufo se constitue par la suite, peu à peu, en chefferies sur le modèle du « Kafu »46 malinké et se consolide pour faire face notamment à l’expansionnisme de l’empire de Kong. Les autres sociétés vivant au nord, mais également celles du centre et de l’est, se présentent de manière encore plus hiérarchisée avec une organisation confortée par le renforcement de pouvoirs monarchiques ou l’apparition de nouvelles structures traditionnelles de type étatique.


C’est le cas du royaume Abron de Gyaman dont l’autorité s’étend sur de nombreux peuples de l’est du territoire (Koulango de Nassian, Goro, Gbin, Ligbi, Huela, Agni et Dioula de Bondoukou) et qui s’affranchit du pouvoir Ashanti en 1875. Après une période d’expansion, ce royaume est cependant affaibli par des dissensions internes qui le fragilisent face aux conquêtes de Samory Touré et à l’impérialisme européen. Le Royaume du Sanwi tire le meilleur parti de ses relations avec l’extérieur et consolide son pouvoir sur les peuples du littoral du sud-est.

La monarchie Baoulé est dominée par les Warébo et les Faafoué jusqu’à la dislocation de son unité après 1850, lorsque plusieurs groupes se constituent en entités indépendantes ou en nouvelles confédérations militaires aux contours plus ou moins précis. Dans le nord, les conquérants se multiplient mais sont tour à tour vaincus par Samory Touré qui soumet également tous les royaumes (Kong, Bouna, Koulango, Gyaman...) 47. Ces conquêtes et guerres tribales sont fortement exarcerbées par la traite négrière qui accentue la déstructuration des systèmes politiques et sociaux traditionnels en raison notamment de l’apparition de nouvelles hiérarchies sociales constituées par des personnes qu’elle enrichit48.

Le XIXe siècle apporte ainsi de profondes mutations au niveau des organisations sociales traditionnelles et la création de nouvelles valeurs fondées sur la richesse, qui s’apprécie à la quantité de produits détenus (produits vivriers, cheptel, vêtements, poudre d’or, armes à feu) et au nombre d’individus sur lesquels l’autorité est exercée. Ainsi, les femmes, les enfants et les esclaves qui dépendent d’une même personne constituent pour celle-ci, non seulement des ouvriers agricoles et des défenseurs du lignage, mais également une possibilité d’accroissement des alliances avec les autres familles, par le mariage49.

L’abolition de l’esclavage en 1815 au Congrès de Vienne, réaffirmée en 1885 au Congrès de Berlin50,51, ouvre la voie au développement de nouvelles relations commerciales entre les populations ivoiriennes et les nouveaux acteurs européens qui font leur apparition. En dépit d’une concurrence anglaise tenace et parfois l’hostilité des populations locales, des comptoirs français sont installés à Assinie et Grand-Bassam (Côte du Sud-Est) en 1843 et, en 1857, le fort de Dabou est édifié52.

La France crée une colonie, la Côte d'Ivoire

Après avoir réussi à conquérir ce qui deviendra un jour l'Algérie, après les quelques conquêtes à motivations commerciales réalisées sous le Second Empire, la France encore convalescente de l'après 1870, à l'instigation de Léon Gambetta et de Jules Ferry se lance dans la colonisation d’une partie majeure de l’Afrique occidentale et équatoriale et de l’Indochine, au début sous le prétexte affirmé de civiliser, bientôt en espérant des débouchés et peut-être un jour des gains de ces colonies, en réalité davantage par rivalité avec les autres puissances coloniales. Car la France est présente sur les côtes d'Afrique occidentale depuis très longtemps.

Or, la plus prenante des puissances coloniales du XIXe siècle, la Grande-Bretagne, agit déjà sur le Niger inférieur. Joindre les possessions françaises du golfe de Guinée à celles du bas Sénégal via ce qu'on appelle à l'époque le « Soudan » (aujourd'hui « Sahel ») paraît la parade adéquate à l'entreprise anglaise qui s'annonce à partir de l'est. Mais sur cette route s'interpose l'empire construit par le chef de guerre Samory Touré, le plus grand commerçant d'esclaves de l'Afrique occidentale, et dont les populations assujetties se révoltent à la fin des années 1880. Ces populations animistes refusent l'Islam imposé par Samory et finissent par espérer leur libération des Français.

Toutefois, la méconnaissance de l’arrière-pays ivoirien amènent les Français Édouard Bouët-Willaumez (1837-1839), Paul Fleuriot de Langle, Marcel Treich-Laplène (1887-1890), Louis-Gustave Binger (et, dans une moindre mesure, les Anglais Lonsdale (1882), Freeman (1888) et Lang (1892)) à lancer de nombreuses missions d’exploration53,54. Après la signature de divers traités de protectorat, un décret, le 10 mars 1893, crée la Côte d’Ivoire en tant que colonie française autonome55. La France qui y est déjà représentée par Arthur Verdier (1878) puis Treich-Laplène (1886) en qualité de Résidents, désigne Louis-Gustave Binger comme Gouverneur avec résidence à Grand-Bassam56. L’autorité française commence à s’instaurer dans l’ensemble du pays au moyen d’un système de quadrillage hiérarchisé qui comprend les villages, les cantons, les subdivisions et les cercles.

Elle établit des liens de subordination à travers l’instauration de l’impôt de capitation, la prestation gratuite de travail (travail forcé), le service militaire obligatoire, l’application d’un code de l’indigénat et l’exercice d’une justice indigène57. Pour sa part, l’Administration française doit procéder à la mise en valeur du territoire, à la mise en place de services sociaux de base, à garantir la libre circulation des personnes et des biens en mettant un terme définitif là où elle s'exerce à l'esclavage58,59. La résistance locale s’exprime dès la phase d’exploration60 (guerre de Jacqueville et de Lahou en 189061, guerre de Bonoua en 1894 et 189562,61, guerre en pays adioukrou en 1897 et 189862,61). Paris décide une guerre ouverte avec Samory en 1896, qui est enfin vaincu à Guéouleu (Guélémou) en 189863. Quelques années plus tard, pour asseoir rapidement et définitivement l’autorité de la France sur le territoire, le gouverneur Gabriel Angoulvant opte pour l’accélération forcée de la colonisation :



« Je désire qu’il n’y ait désormais aucune hésitation sur la ligne politique à suivre. Cette ligne de conduite doit être uniforme pour toute la Colonie. Nous avons deux moyens de les mettre en pratique : ou attendre que notre influence et notre exemple agissent sur les populations qui nous sont confiées ; ou vouloir que la civilisation marche à grands pas, au prix d’une action... J'ai choisi le second procédé64. »


De nouvelles résistances apparaissent notamment dans l’ouest forestier (siège de Daloa en 190661, siège de Man en 190861, siège de Sémien en 1911)61 ou chez les Akan du Sud (attaques des postes d’Agboville et d’Adzopé en 1910)61. Elles sont longues en pays Baoulé (1893-1912)65,61, en pays Gouro (1907-1914)65,61 et en pays Lobi (1898-1920)61. En dépit de quelques défaites françaises, toutes les résistances sont définitivement vaincues en 1920. Les chefs de la résistance sont tués ou déportés et les pertes en vies humaines sont importantes pour les populations locales61. Une nouvelle économie s’installe progressivement. De 1905 à 1930, des maisons de commerce dont le siège est en Europe (SCOA, CFAO, CCAF, Peyrissac)66 s’installent et réalisent la collecte des produits locaux et l’écoulement des produits importés. De même, les Européens encouragés par la politique française et aidés par le recrutement pour des travaux forcés dans les plantations67, développent des exploitations agricoles privées et notamment des plantations de café et de cacao à partir de 1930.

Ces cultures d’exportation supplantent très rapidement les produits de cueillette (Kola, graines de palmes, bois, caoutchouc). Parallèlement, des infrastructures et des équipements sont réalisés pour soutenir l’exploitation économique. Le réseau routier se met en place et un chemin de fer est construit grâce au recrutement obligatoire des jeunes. Des écoles et des postes médicaux sont également ouverts. Cependant, cette option de mise en valeur de la colonie est freinée de 1930 à 1935 par la crise économique. Malgré de réels efforts du gouverneur Reste pour redresser l’économie, les séquelles de la crise restent présentes68.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale accroît les difficultés économiques et financières locales. Outre l’impôt de capitation, les prestations obligatoires se multiplient et les populations versent des « dons pour la défense de la Côte d’Ivoire et de la France ». Mais l’effort de guerre est surtout militaire avec des milliers de recrues mobilisées et envoyées sur les champs de bataille en Europe et en Afrique du Nord. Après la défaite de juin 1940, ce sont de nombreux volontaires ivoiriens qui s’engagent aux côtés du général Charles de Gaulle dans la Résistance.

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Dimanche 7 Août 2011 - 08:03
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1.Posté par Afrik le 07/08/2011 20:54 | Alerter
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