Média Citoyen Libre
Afrik53.com
Afrik53 - Actualité Africaine , abidjan, cote d'ivoire :  infos du jour 7j sur 7,  nouvelle afrique , infos du jour,  infos afrique  , actualité ivoirienne  ,  infos cote d'ivoire ,  actu Afrique , actu cote d'ivoire , news afrique, abidjan.net
Média Africain Libre & Infos Utiles
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Côte-D'Ivoire : Enseignement : « Il faut sortir du complexe du diplôme pour aller vers le savoir- faire »

L'Afrique en mouvement - Source : Nouvelle-afrique le Vendredi 23 Juillet 2010 à 09:07 | Lu 637 fois

« Il faut qu’on sorte du complexe du diplôme pour aller vers le savoir- faire. De nos jours, quand tu sais faire quelque chose, tu gagnes ta vie. Si tu ne sais pas faire quelque chose, tu ne gagnes rien du tout. Donnons donc à nos jeunes, la formation qui peut leur permettre de trouver, facilement et immédiatement, un emploi, dès qu’ils sortent du cursus scolaire ou universitaire ; si nous ne voulons pas qu’ils prennent des kalachnikovs, demain », a déclaré le Président Laurent Gbagbo, le mercredi 21 juillet 2010, au Palais Présidentiel.
C’était devant des Ministres africains de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, venus lui faire les civilités et lui présenter les résolutions de leurs travaux au terme de la conférence qui les a réunis du 19 au 21 juillet 2010, à Abidjan.



Côte-D'Ivoire : Enseignement : « Il faut sortir du complexe du diplôme pour aller vers le savoir- faire »
Pour le Chef de l’Etat ivoirien, disposer, aujourd’hui, de hauts diplômes, c’est bien. Mais, cela ne suffit pas. Il faut y allier le savoir- faire. Car, l’employeur n’a que faire de hauts diplômes. Ce qu’il recherche beaucoup plus, ce sont les connaissances pratiques du candidat à l’emploi. Et, le Président de la République, d’étayer ses propos par des exemples bien précis, avec notamment, le cas du richissime homme d’affaires Burkinabè, Kanazoé, qui, bien que n’ayant pas eu le niveau de CM2 (Cours Moyen 2), emploie aujourd’hui, des Ingénieurs, des Docteurs, etc.

C’est pourquoi, pour Laurent Gbagbo, l’adéquation Formation- Emploi est un défi important qui se pose à l’Afrique ; et qu’il « faut relever ensemble », afin de résorber le problème du chômage des jeunes sur notre continent. Et, surtout, éviter que l’Afrique noire soit le terreau des guerres civiles.

« En Côte d’Ivoire, 70% de la population a moins de 30 ans. Ce sont donc, des jeunes. Dans notre pays, près de 4 millions de jeunes sont en quête d’un emploi. Ramenez ce taux à toute l’Afrique noire et vous verrez la catastrophe que cela fait. C’est à cause de cette catastrophe (chômage des jeunes) que nous avons des guerres civiles un peu partout en Afrique ; en Côte d’Ivoire, au Libéria, en Sierra Léonne, etc. Car, il suffit qu’un démagogue donne un peu d’argent à des jeunes qui sont au chômage et qui n’ont pas de pain, pour qu’ils prennent des kalachnikovs », a fait observer le Président de la République. Pour qui, le chômage, la pauvreté et le manque de formation, sont les maux qui minent notre continent.

Aussi, souhaite-t-il que nous avions une autre vue sur l’école, sur la formation, dans nos écoles et universités.

« Qu’est ce que nous avons comme objectif pour nos jeunes ? C’est de leur donner une formation qui puisse leur permettre de chercher et de trouver un travail décent ; c’est de faire en sorte qu’ils sortent du cursus scolaire avec la capacité à trouver un emploi. Cela va au-delà de tous les discours », a souligné le Chef de l’Etat. Qui a pris l’exemple de la Formation qui est dispensée dans les Facultés de Médecine et ses dérivés (Pharmacie, Odonto- stomatologie…), pour mettre en exergue sa vision des choses.

« Je remarque que, seule la Faculté de Médecine et ses dérivés, forme à un emploi. Quand tu y sors, tu sais faire ce que tu as à faire. Il faut qu’on transforme, à moyen terme, toutes nos Facultés, en Facultés de Médecine ; c’est-à-dire des Facultés offrant un emploi pratique. Il faut que toutes nos Facultés soient conçues sur le modèle de la Faculté de Médecine », a fortement recommandé le Président Laurent Gbagbo. Avant de souhaiter que, de plus en plus, des « acteurs économiques » soient associés à la vie de nos universités, à l’élaboration des programmes d’enseignement et surtout, à leur mise à exécution.

« Il faut qu’un Etudiant soit immédiatement utilisable par le marché de l’emploi dès qu’il sort de l’Université. Cela veut dire qu’il faut changer même la notion d’université. Mais, on n’a pas encore trouvé la bonne formule », a-t-il affirmé.

Avant le Président Laurent Gbagbo, Benjamin Atsé Yapo et Alain Bill Kataria, respectivement Ministre ivoirien de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ; et Secrétaire Exécutif de l’ADEA (Association pour le Développement de l’Education en Afrique), sont intervenus. Le premier a situé le contexte et les conditions du déroulement de la Conférence d’Abidjan. Quant le second a relevé les objectifs poursuivis par son association et les Ministres africains en charge de ce secteur ; ainsi que le choix de la Côte d’Ivoire pour la tenue de cette Conférence qui a préconisé la création « d’un pôle Qualité inter- pays, qui sera un cadre d’échanges et de réflexions pour chercher les solutions les plus innovantes pour booster l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle en Afrique ».

Notons que la Conférence d’Abidjan a enregistré la présence de 20 pays africains, dont 10 représentés au niveau ministériel.

De notre envoyé spécial à Abidjan
Mbouroux Gouilloux


le discours du Président Laurent Gbagbo:


« Messieurs les Ministres ;
Monsieur le Secrétaire Exécutif de l’ADEA (Ndlr : Association pour le Développement de l’Education en Afrique) ;
Messieurs les Délégués ;
Messieurs les Membres du Cabinet ministériel ;


Je vous remercie d’être venus. Le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle, est un sujet très important. Très, très important. Vous savez, au niveau démographique, en Côte d’Ivoire, 70% de la population a moins de 30 ans. Ce sont des jeunes. Aujourd’hui, il y a à peu près 4 millions de jeunes qui sont en quête d’emploi, en Côte d’Ivoire. Si vous ajoutez le Nigeria, le Bénin, le Togo, le Ghana, le Libéria, la Sierra Leone, le Burkina Faso, etc…, vous voyez le nombre de jeunes que cela fait ! Parce que la Côte d’Ivoire est l’un des pays les mieux lotis du point de vue de l’emploi, de l’industrie, du commerce ; mais, déjà, en Côte d’Ivoire, il y a à peu près 4 millions de jeunes qui sont en quête d’emploi. Alors, réfléchissez un peu à l’ensemble de l’Afrique noire et vous voyez la catastrophe que cela fait. C’est la première réflexion que je voudrais mettre à votre disposition.


La deuxième, c’est que c’est à cause de cette première catastrophe que nous avons des guerres civiles un peu partout. C’est l’une des explications des guerres civiles qu’on a eues au Libéria, en Sierra Léone, en Côte d’Ivoire…Il suffit qu’un démagogue donne un peu d’argent à des gens qui n’ont rien à faire, qui sont jeunes, qui n’ont pas de pain, pour qu’ils prennent des kalachnikovs. Or, les démagogues, il y en a beaucoup. Qui ont un peu d’argent et qui le distribue aux jeunes gens.


Donc, le chômage, le manque de formation, plus, la pauvreté, sont les maux qui minent l’Afrique noire. C’est cela, le problème. Il faut que nous nous réunissions et que nous trouvions, ensemble, des solutions communes. Ici, nos jeunes passent d’une frontière à l’autre. Quand on a eu le début de la guerre civile en Côte d’Ivoire, les anciens combattants de Sierra Léone, certains anciens combattants de la guérilla de Charles Taylor, ont été retrouvés, ici. Il y a certains d’entre-eux qui sont morts en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, il est important que nous ayons une autre vue sur l’école.


Alors, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, nous avons le ministère de l’Education Nationale ; le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ; le ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ; et le ministère de la Culture. Mais, c’est la même chose ! Qu’est- ce que nous avons comme objectif pour nos jeunes ? C’est leur donner une formation qui puisse leur permettre de chercher et de trouver un travail décent. C’est cela, l’objectif principal.
On a beau découper les ministères, mais, l’objectif, c’est de faire en sorte qu’un jeune sorte du cursus scolaire avec une capacité à trouver un emploi. On a beau faire tous les discours qu’on veut, mais, c’est cela l’objectif.


Or, je remarque que, seule la Faculté de Médecine forme à un emploi. La Faculté de Médecine et ses dérivés, Odonto-Stomatologie, Pharmacie. Ce sont seulement ces Facultés qui forment à un emploi. Quand tu sors de la Faculté de Médecine comme Docteur en Médecine, tu sais opérer, soigner…Tu trouveras ou pas, un emploi ; mais, en tout cas, tu sais faire ce que tu as à faire. Il faut qu’on transforme, à moyen terme, toutes nos Facultés en Facultés offrant un emploi pratique. C’est cela. Il faut que toutes nos Facultés soient conçues selon le modèle de la Faculté de Médecine. Parce que quelqu’un qui sort de l’Université, comme moi- je l’ai fait, en tant que licencié en histoire- après, on lui demande de faire une Maîtrise. Tu le fais, mais, tu n’as toujours pas de technicité; parce que si tu veux enseigner, ou bien, tu passes un CAPES, ou bien tu passes une Agrégation. C’est là qu’on t’apprend à enseigner. Si tu veux faire de la Recherche, comme cela a été mon cas, tu fais un Doctorat ; c’est là que tu apprends à enseigner. Mais, le tout n’est pas intégré. Or, à la Faculté de Médecine, on ne te lâche pas tant que tu n’as pas le Doctorat. C’est-à-dire, tant que tu n’as pas appris à faire la Recherche et à poser les actes médicaux qui engagent le praticien. Il faudrait qu’on y arrive. C’est pourquoi, ici, on a commencé timidement. Mais, après les élections, je crois que cela ira plus vite.


On a intégré timidement les acteurs économiques, extérieurs, à la vie de l’Université. On les intègre. Ceux qui créent les emplois, qu’ils disent le profil des employés qu’ils veulent. Et, quand nous faisons les élections des Présidents de l’Université, les acteurs extérieurs prennent part au vote, maintenant. Ce n’était pas le cas, quand j’étais Enseignant ; quand j’étais Chercheur. Aujourd’hui, c’est le cas. Parce que nous avons vu qu’on ne pouvait pas laisser d’un côté le monde pratique qui offre des emplois, et puis, le monde théorique, de l’autre. Si on les laisse séparés, le monde qui forme à l’emploi le fait théoriquement. Alors que les employeurs veulent des praticiens. Donc, aujourd’hui, quand nous faisons une élection d’un Président d’Université, en Côte d’Ivoire, les acteurs économiques extérieurs prennent part au vote.


Mais, je pense qu’on n’est pas encore allé assez loin. Parce qu’il faut arriver à la définition, ensemble, des programmes, et à leur exécution. Vous êtes à la Faculté de Sciences ; mais, si le PDG de Blohorn- qui a été repris par Unilever- qui fabrique des savons, de l’huile ; et tous les dérivés de l’huile et du savon, a besoin de quelqu’un, qu’est- ce qu’on fait? Alors que le Monsieur qui a sa clinique privée, s’il a besoin de quelqu’un, il peut utiliser celui qui sort directement de la Faculté de Médecine avec son Doctorat. Il peut l’employer. Mais, vous qui sortez de la Faculté de Sciences, vous n’êtes pas directement utilisables. Or, il faudrait qu’on vous prépare de telle sorte que vous soyez directement utilisables. C’est cela, notre objectif.


Nous n’avons pas encore bien trouvé le chemin. Nous faisons en sorte que les réflexions se fassent en commun. Maintenant, nous faisons en sorte que les acteurs économiques extérieurs mettent les pieds à l’Université. Mais, ce n’est pas fini.
Cela veut dire que c’est la notion même d’Université qu’il faut changer ; la conception même de nos Universités qu’il faut changer. Il ne faut pas tuer la Recherche pure ; mais, il ne faut pas s’y limiter uniquement. Il faut à la fois, ‘’fabriquer’’ des Chercheurs, des Enseignants, mais aussi, des Professionnels de toutes les disciplines qu’on cherche sur le marché.


Quand j’étais dans l’opposition - je n’ai plus les chiffres en tête- j’avais fait une étude sur le chômage en Côte d’Ivoire. Mais, c’était ahurissant! On avait beaucoup de jeunes qui cherchaient un emploi, mais les entreprises étaient obligées de faire venir des Expatriés d’Europe pour occuper les emplois ; parce qu’on ne pouvait pas utiliser nos jeunes. Parce qu’ils n’étaient pas formés à ce qu’on voulait.


On a longtemps accusé les patrons européens de racisme, mais, c’en n’était pas un, en réalité. C’était une inadéquation à la formation, à l’emploi. Ce sont de grands défis.


Ici, nous avons des gens qui ont le niveau de CM2 (Ndlr : Cours Moyen 2) et qui sont des grands hommes d’affaires en Côte d’Ivoire. Au Burkina Faso, on a le cas de Kanazoé qui n’a même pas fait le CM2, mais, qui emploie des Ingénieurs, des Docteurs… Mais, Kanazoé n’a que faire de tes années passées à la Faculté. Il a besoin de la capacité que tu as à faire des routes. Et, il t’embauche. Si tu ne sais pas faire des routes ; si tu ne sais pas construire des maisons, même si tu viens te présenter à lui avec un Doctorat en Chimie, que voulez- vous qu’il en fasse ? Il veut quelqu’un qui peut lui construire des routes. Il va dire à son Directeur des Ressources Humaines : ‘’il faut déterminer pour moi s’il est capable de faire la route qui va de Bobo-Dioulasso à Bouna, en Côte d’Ivoire’’. Si tu sais le faire, il te prend. Si tu ne sais pas le faire, il te laisse. C’est cela. Je le dis en regardant notre frère du Burkina Faso parce que c’est un cas que j’ai beaucoup admiré là-bas ; un peu au Mali, aussi.


Mais, il faut qu’on laisse le complexe du diplôme et qu’on aille vers le savoir- faire. Tu sais faire, tu gagnes ta vie. Tu ne sais pas faire, tu ne gagnes rien du tout. Et, dans notre enseignement, je crois que c’est cette orientation que nous n’avons pas encore réussi à prendre. Nous n’avons pas encore réussi à bien coller cela. Le savoir-faire et les nécessités de ceux qui veulent utiliser les savants. Nous n’avons pas encore réussi à bien marier cela. Ici, nous commençons doucement, mais, nous n’avons pas encore réussi. Donc, c’est tout le mal que je peux vous souhaiter ; celui de réussir cela dans tous vos pays.


Mais, j’avais dit au Secrétaire exécutif de l’ADEA, il y a quelques années, que l’Afrique réussira ce combat, ensemble, ou le perdra ensemble ; parce qu’aujourd’hui, en Afrique, il n’y a pas de frontières. Les chômeurs n’ont pas de frontières.


Ceux qui gardent les frontières, ce sont ceux qui ont leur pain et qui ne veulent pas que d’autres viennent. Mais, le chômeur, lui, passe allègrement d’une frontière à l’autre et il cherche un endroit où il peut gagner son pain quotidien. Les pays africains agissent comme des vases communicants. Quand les gens cherchent du travail, ici, quand on leur signale une poche d’emploi, ils s’y déversent. Quand on leur signale une autre poche, ils se déversent là-bas. Donc, mieux vaut se mettre ensemble pour réfléchir, pour trouver des solutions.


Je suis frappé, chaque fois que je vais dans un pays africain- je ne suis pas encore allé à l’Ile Maurice, mais, je suis allé au Maroc, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Angola- par le nombre d’Ivoiriens que je trouve, ici ou là. Vous venez ici en Côte d’Ivoire, c’est la maison commune ; les gens vont là où ils peuvent trouver un emploi. Mais, donnons-leur la formation qui peut leur permettre de trouver facilement un emploi. Si nous voulons qu’ils ne prennent pas des kalachnikovs demain, donnons-leur la formation qu’il faut, qui puisse leur permettre de trouver un emploi pour gagner de l’argent.


Messieurs les Ministres, Messieurs les Responsables, Monsieur le Secrétaire Exécutif, c’est ce que je voulais vous dire parce que je le pense. Mais aussi, parce que notre pays le vit ; parce que tous les pays africains le vivent et je suis certain que nous allons réussir ; nous allons gagner ce combat. Mais, c’est un combat pour lequel il n’y a pas de répit. Il faut travailler sans relâche, avec intelligence.


Je voudrais saluer l’Ile Maurice qui a créé, avec la zone franche, chez lui, les conditions de la création d’emplois. En la matière, nous l’imitons un peu. Nous avons décrété une zone franche, il n’y a pas longtemps, à Grand- Bassam, pour l’informatique. On commence. Quelques capitaux indiens viennent déjà. La BOAD nous aide aussi. J’espère que d’ici 2 ou 3 ans, cela va prendre forme réellement. Mais, il faut qu’on regarde. Et, celui qui a réussi dans un domaine, il faut qu’on l’imite. Pourquoi le Maroc, la Tunisie réussissent mieux que les autres. Etudions cela.

Dans des pays comme l’Ile Maurice, le Maroc, la Tunisie, la technicité est poussée. J’ai été récemment au Maroc, sur conseil de mon Dentiste pour voir certains de ses collègues. On a passé une semaine ensemble. J’ai été frappé par des jeunes Dentistes qui sont là-bas. Ils sont beaucoup plus jeunes que moi, mais, ils sont pointus. Vous avez une dent, deux dents, trois dents, ils se succèdent sur votre bouche et chacun a une spécialité pointue. Il ne faut pas qu’on se contente de vagues connaissances pour dire :’’ je connais ceci ou je suis spécialiste’’.

Vous n’êtes spécialiste de rien tant qu’on ne vous a pas vu à l’œuvre. Le vrai spécialiste, c’est celui qu’on voit à l’œuvre. Tant qu’on ne vous voit pas à l’œuvre, vous n’êtes spécialiste de rien. Je voudrais profiter de la présence de notre frère marocain qui est là, pour le féliciter, parce que le Maroc, dans ce domaine, est vraiment pointu ; et il faut qu’on soit pointu, nous, les africains. On ne peut pas seulement avoir des Dentistes pointus, mais, à coté d’eux, il faut tout une gamme de travailleurs. Ce sont ceux-là qu’il faut qu’on forme aussi.


Je voudrais vous remercier d’être venus, d’avoir choisi notre pays pour cette réunion ; d’être venus me saluer. Vraiment, mes préoccupations sont celles-là. Vous savez, on fait du café, du cacao, ici, en Côte d’Ivoire. Le Ghana et la Côte d’Ivoire sont les premiers producteurs du café-cacao. Nous avons 40%, et le Ghana presque 20, 25%. Tous les deux, nous avons plus de 60%. Mais on n’a pas encore de spécialistes pointus. Nous avons des spécialistes pour la vente des fèves ; mais, est-ce que cela suffit ? Nous n’avons pas encore de spécialistes pointus pour la transformation du cacao, dans tout ce qu’on peut en faire.


Il faut que nos écoles forment ces gens- là. Il faut qu’au sortir des écoles, à Accra ou à Abidjan, qu’ils soient capables de transformer le cacao dans toutes les matières que le cacao peut donner. Les fèves, les cabosses, l’alcool, le beurre... Mais, si on se contente de dire : ‘’ je suis le premier pays producteur, je fais plus d’un million et demi de tant’’, et puis on se frotte les mains, le jour où l’acheteur dit : ‘’moi, je ne peux pas acheter votre cacao, qu’est-ce qu’on fait ? On pleure ! Or, pleurer, ce n’est pas ce qui développe un pays. J’ai reçu, récemment, des spécialistes du cacao au Ghana pour qu’on travaille à la formation des gens, de nos compatriotes, qui vont faire eux-mêmes, au moins, la première transformation. Et, pour cela, il faut les former dans les écoles ; et c’est vous qui êtes chargés de les former.


Monsieur le Ministre, je voudrais m’arrêter là en remerciant tous nos frères d’être venus, ici.


Que Dieu les guide pour leur retour.
Que Dieu bénisse toute l’Afrique.
Je vous remercie.»

Source:Nouvelle-afrique.com







Source : Nouvelle-afrique
Vendredi 23 Juillet 2010
Vu (s) 637 fois


Histoire Côte d'Ivoire | C.I - Revue Politique | C.I - Revue Société | C.I - Revue Economie | Revue Infos Plus | Gbagbo & Blé Goudé | C.I - Simone Gbagbo | C.I - FPI | Les Réactions | C.I - Affaire à suivre | C.I - Sport | Alerte Prévention | C.I - Education | C.I - Faits Divers | Débat Ivoirien | Révolution Permanente | Interviews | Droit de réponse | Afrik53.com | Interpellation | C.I-Présidentielle 2015 | Culture / Evènements









Les Articles les plus lus

Bien Vivre en Bonne Santé


Incroyable !