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Compaoré veut sauver son héritage et précipité la chute de Ouattara

L'Afrique en mouvement - Isaac Pierre Bangoret le Samedi 22 Novembre 2014 à 21:54 | Lu 1320 fois



Le 3 juillet 2014 au Palais de Kosyam, Blaise Compaoré s’est entretenu avec le journaliste
Marwane Ben Yahmed, au sujet de la réforme de la Constitution de son pays, en vue de briguer un
énième mandat présidentiel, et de sa crainte du devenir du Burkina Faso après lui : « Ce qui me
préoccupe, c'est ce que deviendra le Burkina, trouver la bonne formule, garantir la stabilité, ne pas
voir détruit tout ce qui a été mis en place. Je n'ai pas envie d'assister à l'effondrement de mon pays
pendant que je me repose ou parcours le monde...C'est pour cela que je réfléchis beaucoup à tout
cela et que je n'ai pas encore tranché la question, qui n'a rien à voir avec le devenir de ma petite
personne.

Quel que soit le terme, il faudra bien partir un jour… ». En bon chef de guerre,
Compaoré, à la recherche d’une formule pour préserver, en réalité, l’héritage politique et
économique de son clan, et non du Burkina Faso avait, évidemment, préparé un plan B, dans le cas
où son projet de se maintenir au pourvoir, au moyen du coup d’État constitutionnel voilé, aurait
avorté. L’effondrement de son clan sera inévitable si est, surtout, ouvert le dossier relatif aux crimes
contre l’humanité, commis sous son mandat, pour son propre compte et celui de la France.

En effet le 7 novembre 1982, lorsque le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo arriva au pouvoir,après
un coup d’État, Sankara, Peul-mossi, ami et frère de Blaise Compaoré, devint, en janvier 1983,
premier ministre, mais il fut limogé et mis aux arrêts le 17 mai de la même année, à la suite,
étrangement, d’une visite de Guy Penne, un conseiller de François Mitterand. Le 4 août 1983,
Sankara arriva, à son tour au pouvoir, après un coup d’État, et définit un programme politique antiimpérialiste.

En novembre 1986, il formula ouvertement des critiques à l’encontre du gouvernement
de cohabitation formé par Mitterand et Chirac, en leur reprochant le fait d’avoir accueilli Pether
Botha, le premier ministre Sud-Africain favorable à la ségrégation raciale et Jonas Savimbi, chef de
l’UNITA. Le 15 octobre 1987, il fut assassiné, et un médecin militaire déclara qu’il était décédé de
mort naturelle. Blaise Compaoré succéda à Sankara. Il n’ouvrit aucune enquête sur les circonstances
de sa mort, et s’attela plutôt à mettre fin au programme politique de son prédécesseur. Il assume
encore cette même volonté politique lorsque le journaliste Marwane Ben Yahmed évoque la
popularité de Sankara restée intacte dans la mémoire collective des burkinabé: « Son nom résonne
comme un mythe, un peu partout en Afrique. Une sorte de Che Guevara du continent, y compris
auprès d'une jeunesse qui ne l'a pas connu. Cela vous gêne-t-il ? » « Pas le moins du monde.

D'autres se souviennent qu'à son époque il n'y avait aucune liberté dans ce pays : ni de presse, ni
d'association, ni d'entreprendre, ni syndicale, ni politique... D'ailleurs, les partis, nombreux, qui
revendiquent sa mémoire et utilisent son nom n'ont jamais vraiment brillé. Il y a le mythe et il y a la
réalité ». Le peuple burkinabé a préféré le mythe, qui aplanit le chemin de la libération des peuples
africains à la réalité du joug de l’impérialisme français qu’incarne Blaise Compaoré, qui n’a
exprimé aucun regret, quant à la disparition tragique de son frère et ami, Sankara. Pis, excédé par
cette question, il parle, avec dédain, de son oeuvre parce qu’il sait que le peuple burkinabé veut
élucider cette zone d’ombre de son histoire. Avoir certes le contrôle des activités politiques,
économiques est important pour Compaoré, cependant sa survie et celle de son clan dépend du volet
judiciaire.

Son arrivée en Côte d’Ivoire le jour même de sa chute n’est pas fortuite. Avec la
complicité de la France, il fit du Burkina Faso la base arrière des troupes rebelles, qui ont divisé la
Côte d’Ivoire, dans le but d’empêcher un autre mythe africain, le président ivoirien Gbagbo, de
réaliser son programme politique de développement, en faveur des Ivoiriens, des Africains, afin que
les Français discutent désormais d’égal à égal avec nous sur tous les sujets, qui ont trait au
développement de nos propres nations.

Blaise Compaoré a été incapable de contenir les foules
burkinabé parce que le gros de ses troupes est en Côte d’Ivoire, afin d’installer, pour la seconde
fois, Alassane Ouattara à la tête de notre pays en 2015. C’est fort de cette présence militaire
burkinabé massive que Ouattara était, jusqu’à ce jour, resté sourd à toutes les questions inhérentes à
la réconciliation nationale, au dialogue politique ; à une CEI consensuelle. Il avait toujours adopté
l’attitude imprudente de son frère Compaoré à l’origine de sa chute. Le président burkinabé est venu
en Côte d’Ivoire demander, logiquement, le retour de ses troupes au Burkina Faso, parce qu’il lui
faut, de manière subtile, reconquérir, indirectement le pouvoir d’État, en exploitant la moindre faille
de l’opposition burkinabé.

C’est, pour lui, l’unique possibilité d’échapper à la « justice
internationale » qui se fourvoie dans le dossier Gbagbo. Compaoré pourrait être lâché, en définitive,
par la France, et devenir le bouc émissaire susceptible de redorer le blason d’une CPI défaillante,
fébrile, aux ordres d’Alassane Ouattara et de la métropole. L’expérience de ses troupes préparées
pour contenir une éventuelle révolution ivoirienne s’avère, aujourd’hui, utile au Burkina Faso, à la
veille des élections présidentielles dans ce pays. Le « Général » Blaise Compaoré préoccupé pas ses
intérêts personnels, par ceux de son clan et de ses partis politiques alliés, outré par l’ingratitude de
Ouattara, et de la France pour leur passivité face à la bourrasque sociale qui l’a emporté, reste
désormais insensible aux intérêts de ce dernier et de la Françafrique, il n’en a plus cure. L’argent,
étant le nerf de la guerre, les troupes de Compaoré ne peuvent continuer de se battre pour lui que si
la promesse faite par Ouattara est tenue ; la remise de la prime d’un montant de cinq millions de
francs CFA à chacun d’entre eux, s’ils l’aidaient à chasser du pouvoir le président Gbagbo.

Les bons comptes faisant de bons amis, la révolte des soldats FRCI concomitante au départ de Blaise
Compaoré au Maroc dévoile la responsabilité de ce dernier dans la mutinerie en Côte d’Ivoire, et
met en exergue son ressentiment vis-à-vis de la France, et du régime mandingue de Ouattara. Cette
mutinerie des soldats FRCI fait partie des inconnues propres à toute équation politique où les
régimes se servent des mercenaires pour conquérir le pouvoir d’État. A propos de cette équation,
Nicolas Machiavel, père des sciences politiques modernes, qui enseigne aux despotes, comment
devenir prince et le rester, écrit ceci : «Les capitaines mercenaires sont ou ne sont pas de bons
guerriers : s’ils le sont, on ne peut s’y fier, car ils ne tendent qu’à leur propre grandeur, en
opprimant, soit le prince même qui les emploie, soit d’autres contre sa volonté ; s’ils ne le sont pas,
celui qu’ils servent est bientôt ruiné ». Au sujet de leur conduite sur le champ de bataille, il écrit :
« Ils n’ont presque pas d'infanterie, ne se tuent pas sur le champ de bataille, rendent les prisonniers
sans rançon, n’attaquent pas la nuit, n’ont pas besoin de protéger leurs camps et ne se battent pas
l’hiver : tel est l’« ordre qu’ils avaient imaginé tout exprès pour éviter les périls et les travaux, mais
par où aussi ils ont conduit l’Italie à l’esclavage et à l’avilissement». Le régime de Ouattara est,
aujourd’hui, confronté à cette équation politique des mercenaires de Blaise Compaoré qui permet de
prévoir scientifiquement sa chute inéluctable. Les mercenaires burkinabé et étrangers ont combattu
Gbagbo non pour une idéologie, mais pour une cause pécuniaire. Dès qu’ils seront en possession de
leur argent, ils s’en iront, parce que tout mercenaire, comme le souligne Machiavel, évite de mourir
sur le champ de bataille, puisqu’il doit jouir du fruit de son métier. C’est un professionnel des
meurtres et des assassinats…

Les fils du Nord doivent se rendre à cette évidence et emprunter la
voie tracée par Ben Soumahoro, Katina, et tous les dignes fils du mandingue épris de valeurs
morales héritées de leurs pères, et non de leur folie, parce que Ouattara les conduit tout droit dans le
mur. Contenter tous les mercenaires sera chose impossible puisqu’il lui faudra aussi payer à
chacune des familles des soldats FRCI, morts sur le champ de bataille, la coquette somme de cinq
millions de francs CFA, sans oublier tous les mercenaires des pays voisins attirés, comme des
abeilles, par le miel, par l’argent.

Le salut des fils du Nord passe, non par Alassane Ouattara, mais
par la réconciliation avec leurs frères ivoiriens, par la libération de Gbagbo, par l’organisation
d’élections transparentes dans notre pays. Il nous faut aller à la réconciliation avec, à notre tête, des
personnes intègres, comme Laurent Gbagbo, qui ne vendront pas leur âme au diable pour une
pitance quotidienne. Le président-mercenaire Blaise Compaoré, offusqué par la passivité de
Ouattara, par son ingratitude, a démontré sa force de frappe à la France, à travers la mutinerie qui a
fait trembler le régime d’Abidjan.

Alassane Ouattara ne représente rien sans ce dernier, puisqu’il est
venu au pouvoir par la voie des armes et non grâce au soutien du peuple. La France, ayant saisi le
message délivré par Compaoré, par le biais de ses mutins, lui répond, dans cet interview hermétique
du général-ambassadeur Emmanuel Beth qu’il nous revient de décoder : [ RFI : « Le 31 octobre,
c’est la France qui a permis à Blaise Compaoré de s’enfuir par hélicoptère, puis par avion. Est-ce
que ce n’était pas de l’ingérence dans les affaires intérieures du Burkina ? » Emmanuel Beth :
« Vous savez que dans toutes ces questions où la France peut être soupçonnée de telle ou telle
attitude, il faut revenir à la cause de ces actions. Et, je vous rappelle que cette action a été réalisée
à la demande de chefs d’Etat africains dont le président Ouattara et peut-être même d’autres.

Donc, j’allais dire que c’est une demande africaine que la France a satisfaite »]. A Compaoré le
général-ambassadeur dit, en substance, qu’il a eu la vie sauve grâce à Ouattara et non à la France.
Qu’il n’en veuille donc pas à ses homologues africains installés grâce à sa collaboration discrète.
Ces derniers lui sont reconnaissants, puisqu’ils ont tous contribué à cette action militaire salvatrice.
[RFI : « Alors, c’est vrai qu’à l’origine, c’est à la demande du président ivoirien que la France a
exfiltré Blaise Compaoré. Au Burkina Faso, certains pensent que l’ancien président devrait
répondre devant le juge d’un certain nombre de crimes qui lui sont imputés, qu’en pensez-vous ? »
Emmanuel Beth : « Je crois que le président est parti finalement dans des conditions dont on peut
se féliciter in fine puisqu’il a évité de faire couler le sang. Et, je crois ça a été une de ses
motivations premières pour sa démission. Ensuite, je rappelle qu’il y a une loi d’amnistie
présidentielle au Burkina, votée depuis juillet 2012. Et le dernier point qui est fondamental, dès lors
qu’un pays a connu une crise, je crois qu’il faut surtout se pencher vers le futur à moins de vivre
éternellement sur le passé qui ne règle rien et qui ne fait qu’exacerber les tensions éventuelles. »].

RFI rappelle à Compaoré qu’il doit la vie à Ouattara. Préoccupé par une procédure judiciaire à
l’issue de laquelle il risque d’être inculpé pour crimes contre l’humanité, Emmanuel Beth ; porteparole
de la France le rassure, en lui signifiant que la France mettra tout en oeuvre, afin que son clan
et lui bénéficient de la loi d’amnistie présidentielle burkinabé votée sous lui en 2012. Cette réponse
de l’ambassadeur Beth doit amener à réfléchir les Ivoiriens frappés par les mandats d’arrêts de la
CPI, pour crimes contre l’humanité. Peut-on, après avoir décodé un tel message délivré par la
France à Compaoré, mettre encore en doute cette affirmation selon laquelle la CPI serait à la solde
de la France, de Ouattara, et des grandes puissances pour étouffer toute aspiration des africains à la
démocratie, pour garder Gbagbo et son ministre Blé Goudé à la Haye, malgré l’absence de preuves?

C’est le peuple ivoirien, les militants du FPI qui les libéreront, et non des tractations diplomatiques,
au cours desquelles, les représentants des militants censés défendre cette cause noble finissent par
brader leur propre dignité, par jeter un discrédit sur la lutte politique des militants qui sont
souverains. La crise, qui secoue le FPI n’en est pas une, en réalité, puisque les textes sont au service
des militants et non l’inverse. Les textes se taisent ou se modifient quand il y va du bonheur de tous.
Avec le départ des mercenaires payés par Ouattara suivra sa chute, qui est inéluctable…

Isaac Pierre BANGORET (Ècrivain)

Isaac Pierre Bangoret
Samedi 22 Novembre 2014
Vu (s) 1320 fois



1.Posté par Odile le 23/11/2014 07:56 (depuis mobile) | Alerter
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Belle analyse!J''aime

2.Posté par VIVRAVERRA le 23/11/2014 14:29 (depuis mobile) | Alerter
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JE LE DIS ENCORE TOU S CEUX QUI ONT ATTAQUES LE CHOIX DE DIEU (LE PRESIDENT GBAGBO)PERDRONT LA FACE.OBSERVEZ! APRES LA CHUTE DE SAKOZY,WADE,JEAN PING ET COMPAORE,OUATTARA SUIVRA PUIS LA FRANCE ET L'ONU. AINSI PRENDRA FIN LE FILM PAR L'INDEPENDANCE TOTALE DE LA CI ET DE L'AFRIQUE.

3.Posté par Romx le 23/11/2014 16:04 (depuis mobile) | Alerter
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Tres bonne analyse..fluide et agreable a lire...!
Maintenant je comprends encore bien mieux les choses...! Merci.

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