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Charles Blé Blé, ( Ancien maire de Saïoua) : « C’est incroyable de dire qu’Affi est contre Gbagbo »

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Lundi 23 Février 2015 à 16:09 | Lu 583 fois



Charles Blé Blé n’est pas un arriviste pour ceux qui connaissent bien l’histoire du Front populaire ivoirien. Il ne passe jamais inaperçu et au FPI on l’appelait monsieur l’Américain. Il s’est fait élire maire de la commune de Saïoua. Il sort de sa réserve pour prendre position dans la crise au FPI.

Notre Voie: Vous avez rencontré les populations d’Issia et de Saïoua dans le cadre des rencontres initiées par le président du FPI Pascal Affi N’Guessan. Comment cette mission s’est déroulée?

Blé Blé Charles: La mission s’est effectivement très bien déroulée. Notre souci à nous, c’est que la vérité préside aux échanges et préside à la formation de la pensée. La mission avait pour objet d’aller à la rencontre des populations. Et de répondre à leurs propres préoccupations. C’est donc une mission de concorde et de paix. Parce qu’il s’agit de ne pas importer chez nous la violence qui se fait à Abidjan. Nous avons une responsabilité de cadres qui est que nous devons former la pensée et former les comportements qui sont bien pour nous.

N.V.: Au cours de cette visite, de quoi avez-vous parlé avec vos parents ?

B.B.C.: Il faut dire que les populations étaient heureuses que nous soyons partis leur parler. Nous sommes allés échanger avec elles sur la crise au sein du FPI. Retenez que la compréhension de cette crise par nos parents est totale. Parce que quand on connait la culture Bété, on ne prend pas de position définitive si les deux parties ne se sont pas expliquées. Il y a eu une première version qui est qu’Affi N’Guessan est contre Gbagbo. C’est ce qui a été véhiculé dans le département. S’il est dit qu’Affi est contre Gbagbo, évidemment la population va se braquer contre Affi.

N.V.: Si les populations se montrent hostiles à Affi parce qu’on leur a fait croire qu’il est contre Gbagbo, alors comment avez-vous été reçu en tant qu’envoyé d’Affi ?

B.B.C.: Il y a ce que je suis dans ma région. On ne peut en aucun moment refuser de me recevoir à Issia ou à Saïoua. Non, seulement je suis chef de village, je suis un responsable politique connu. Si je vais dans un village, on ne pourra que m’écouter. Donc les populations sont venues pour écouter et ma délégation a été bien accueillie. Nous avons dit la nature de la crise qu’il y a au Front populaire ivoirien. Automatiquement la compréhension va varier parce que les deux parties auront parlé. Je puis déjà vous dire qu’en termes de résultat, la mission a été extraordinaire.

N.V.: Quelle est votre compréhension de la crise que vous avez véhiculée ?

B.B.C.: Moi en toute chose je m’attache à la vérité. Le comportement des uns et des autres ce n’est pas ce qui me préoccupe. Je cherche où est la vérité. Et la vérité est dans les textes du parti. Depuis cette affaire malheureuse de notre ami Don Mello, ancien président du Comité de contrôle, le président Gbagbo et Abou Drahamane Sangaré, nous qui sommes les anciens qui étions là, savons que Laurent Gbagbo a fait en sorte que le parti soit malheureusement un parti présidentiel.

N.V.: C’est quoi un parti présidentiel ?

B.B.C.: Je veux dire que le président du parti a tout pouvoir et les autres organes travaillent avec le président du parti. C’est dommage, mais j’étais de ceux qui voulaient que le FPI se donne des statuts d’ordre parlementaire et non de type présidentiel.

N.V.: Vous avez voulu que le Comité de contrôle soit un contre pouvoir ?

B.B.C.: Mais ce n’est pas le cas. Parce qu’aujourd’hui le Comité de contrôle n’est pas un contre pouvoir. D’ailleurs si c’était un contre pouvoir ou s’il y avait d’autres organes qui avaient d’autres pouvoirs, les ennemis d’Affi à l’intérieur du parti auraient utilisé les textes. Les textes sont à l’avantage du président qui demeure président. Tant qu’on n’a pas élu un nouveau président et tant qu’il n’y a pas eu de congrès, il demeure le président donc il faut le respecter.

Il faut aller avec lui à toutes les étapes jusqu’à ce qu’un autre président soit élu. C’est ça la vérité. Ça n’est pas un problème de personne. Ne pas parler de texte et qu’on parle de personne, moi je ne suis plus les personnes parce que mon expérience politique a été que les personnes sont malheureuses et ont toujours des comportements qui nous font souffrir. Donc moi je ne peux pas suivre les gens qui ont un problème de personne. C’est ma position personnelle.

N.V.: Si la vérité se trouve dans les textes, pourquoi le FPI est-il devant le tribunal pour régler un conflit interne ?

B.B.C.: Un parti politique est une partie du peuple. S’il y a un problème et que nous n’arrivons pas à nous entendre à l’intérieur du parti, malheureusement, l’Etat a des prérogatives parce que c’est l’Etat qui nous donne notre autonomie. Donc selon ses règles, l’Etat peut nous juger. L’erreur c’est qu’on ne puisse pas avoir un consensus au point que nous soyons obligés d’aller devant le tribunal. A partir du moment où nous allons là-bas, nous devons être jugés selon les lois qui régissent la République.

N.V.: Ne pensez-vous pas que le fait de saisir la justice désole les militants ?

B.B.C.: Ca désole les militants, mais nous qui sommes les anciens et qui avons quitté le parti unique pour nous mettre à part, nous avons des pensées différentes. Parce que nous avons dit que le FPI est un front. Le président Gbagbo avait le temps de dire qu’il crée une ligue populaire ivoirienne, un parti populaire ivoirien. Mais il a dit c’est un front. Parce qu’il voulait des pensées multiples à développer à l’intérieur du Front populaire ivoirien.

N.V.: Cette pluralité de pensées justifie-t-elle les querelles que le parti connait ?

B.B.C.: C’est normal que nous nous querellions. Mais de là à ne pas nous entendre, ce n’est pas le front. Le front dit nous nous entendons pour aller contre les autres. J’estime qu’il faut s’entendre autour du président du parti et autour des statuts que le président Gbagbo a donnés au parti. On doit s’entendre autour du président et pas en dehors de lui.

N.V.: Est-il possible de s’entendre autour du président du parti quand des cadres et militants estiment qu’Affi va contre les intérêts du président Gbagbo ?

B.B.C.: Alors c’est une des choses sur lesquelles j’ai été clair à Issia et à Saïoua. Si nous-mêmes nous avons la preuve qu’Affi N’Guessan est contre Gbagbo, nous serions les premiers à aller leur dire. Si même dans le courant des choses, nous avons la preuve qu’il est contre Gbagbo, nous allons lui parler. Il est malsain de vivre vingt-cinq ans avec quelqu’un qui a quitté sa famille biologique et qui est venu chez nous, nous a rendu d’énormes services, qui a fait le pas de venir auprès de Gbagbo, qu’on dise aujourd’hui qu’il est contre Gbagbo. C’est incroyable !

N.V.: Pour vous ce qui est dit sur la personne d’Affi n’est pas fondé ?

B.B.C.: Ce n’est même pas honorable que nous puissions dire cela. Parce que Gbagbo ne le dirait pas. Et Gbagbo ne livrerait pas à la vindicte quelqu’un avec qui il a travaillé. Si nous devons prendre son exemple, nous ne devons pas livrer Affi N’Guessan à la vindicte tous les jours. Ce comportement là est condamnable.

N.V.: D’où vient selon vous cette intense campagne contre Affi ?

B.B.C.: Ecoutez c’est vous qui ne connaissez pas le FPI. Certains ont bâti leur carrière dans le dénigrement des autres. Certains ont bâti leur carrière en formant des groupes pour détruire les autres. Au FPI, il y a des gens qui ont pour ascenseur social le mensonge et la destruction des autres. Ce n’est que la suite logique d’un comportement qui a été cultivé à l’intérieur du FPI. Il faut corriger ce qui a longtemps miné le parti. J’en ai été suffisamment victime.

On a même dit que j’étais Alassaniste et RDR. C’était juste pour que je ne me présente pas à Saïoua. Alassane Ouattara est au pouvoir cela fait bientôt cinq ans et je suis même en procès contre son administration. J’ai été jeté mis en prison par son régime. Il n’y a pas d’avenir politique si entre nous on doit se braquer les uns contre les autres. Il faut quand même être humain entre nous. Qu’on ne présente pas les autres comme des traitres pour peu. Contre Affi les camarades mettent beaucoup plus de mauvais sentiment que de vérité.

N.V.: Vous n’êtes donc pas surpris de voir ce qui arrive à Affi ?

B.B.C.: Je ne suis pas surpris. C’est pour cela que je ne peux pas suivre ce type de personnes. Je suis un témoin vivant de tout ce qui se passe au FPI et je crois avoir été un acteur de premier plan dans ce parti.

N.V.: Blé Blé se sent-il victime comme Affi ?

B.B.C.: Absolument ! C’est pour cela que je ne peux pas suivre ce type de personne. Parce que tôt ou tard ça va se déliter. Il y avait une chance de faire cela avant parce que l’aura et l’historicité du combat de Laurent Gbagbo permettaient qu’on se camoufle derrière lui. Mais aujourd’hui Gbagbo n’est pas là. Donc on ne peut plus cacher la méchanceté et la volonté de détruire quelqu’un. Le peuple ivoirien ne doit pas suivre ce type d’exemple.

Je suis longtemps resté en dehors de ce débat pour ne pas me tromper. Pour bien voir les arguments en présence.

N.V.: A propos des arguments en présence, est-ce que vous êtes allé écouter l’autre partie qui est opposée à Affi?

B.B.C.: Ce sont tous mes amis. Je n’ai pas besoin d’aller les chercher. Ils viennent, ils parlent. Je connais leurs arguments. Mais ces arguments ne sont pas suffisants. La prison signifie privation. On vous prive de gérer votre famille. Vous ne savez pas comment vivent vos propres enfants. Comment vous allez alors gérer toute une organisation ? Quand on est en prison, on a une seule préoccupation qui est d’en sortir. On veut recouvrer ses droits civils et retrouver sa famille et non gérer les humeurs de certaines personnes ou gérer la carrière d’autres personnes.

N.V.: Mais pourquoi malgré cette privation, Sangaré Abou Drahamane appelé le gardien du temple veut-il remettre les clés du temple au président Gbagbo pour qu’il mène le combat pour sa libération ?

B.B.C.: Je ne veux pas entrer dans les querelles de personne. Je veux savoir si les positions qu’ils prennent sont capables de nous aider à être un jour au pouvoir pour diriger la Côte d’Ivoire. Si leurs actes ne nous permettent pas de prouver aux ivoiriens que nous sommes capables de diriger la Côte d’Ivoire encore, moi je ne les suis pas. Faire en sorte que celui qui est en prison soit celui-là qui nous ramène au pouvoir, intellectuellement je ne suis pas un tel raisonnement. Je n’entre pas dans ça et je ne sais pas par quelle magie ils vont y arriver ?

N.V.: Si ce n’est pas Gbagbo qui doit ramener le FPI au pouvoir, comment faut-il y parvenir selon vous ?
B.B.C.: Il faut repartir courageusement au combat comme Gbagbo l’a fait. Si on ne veut pas aller au combat pour être des maires ou des députés, cela veut dire que nous abandonnons le travail que Gbagbo nous a appris à faire.

N.V.: Vous adhérez donc à cette vision qui veut que le FPI aille aux élections ?

B.B.C.: Mais pourquoi on est un parti politique? Si on demeure un parti politique, on ne peut pas durablement être absent du jeu politique. Pour ce qui est arrivé, nous pouvons prendre des positions. Mais qui peuvent être révisées avec le temps si on veut demeurer parti politique. Il est temps de permettre que nous ayons des députés, que nous ayons des maires.

N.V.: Mais est-ce que vos parents que vous êtes allés rencontrer dans les villages sont disposés à aller voter avec ce qui est arrivé?

B.B.C.: Je leur ai demandé de se faire enrôler pour que nous participions aux élections à venir pour voir leurs enfants être à la tête des mairies à Issia et Saïoua et les voir devenir des députés. Nous devons aller aux élections pour revenir au pouvoir et l’exercer.

N.V.: N’avez-vous pas peur qu’on vous suspecte déjà de vouloir reprendre votre place à Saïoua ?

B.B.C.: Je suis un citoyen, j’ai l’intention de me présenter. Ce n’est pas une volonté d’être absent qui a fait que je ne me suis pas présenté. Mais c’est solidairement à ce qu’ont subi Laurent Gbagbo et le FPI que j’ai refusé d’aller aux dernières élections. Si les mêmes raisons n’existent plus, c’est tout à fait normal que je reprenne ma place.

C’est pourquoi ceux qui peuvent mentir qu’on peut me chahuter à Issia et à Saïoua devraient s’apprêter à m’affronter. Je veux être élu pour être un officiel qui portera la voix pour la libération du président Gbagbo. Quand des officiels vont en France pour dire que la présence de Gbagbo est importante en Côte d’Ivoire, ces officiels seront écoutés parce qu’ils sont élus. Quand des élus du peuple parleront à leurs amis élus en Europe, leurs voix porteront encore plus.

N.V.: Quel est le profit pour Laurent Gbagbo si le FPI va aux élections?

B.B.C.: Nous devons aller aux élections pour revenir au pouvoir et redonner de l’espoir. Nous devons aller aux élections pour faire en sorte que le combat de Gbagbo ne meure pas après le drame que nous avons connu. Qu’est-ce que nous gagnons à nous chahuter pour une maison de Qg temporaire qui serait occupé par X ou par Y. Pourquoi ne pas occuper le pays entier ?

N.V.: Ne pensez-vous pas qu’aller aux élections voudrait dire que vous êtes contre le slogan « Gbagbo ou rien » ?

B.B.C.: Ce n’est pas un slogan. On appelle ça une déclaration de mission. Moi qui suis professeur de management. Une déclaration de mission comporte un danger. Soit c’est une bonne déclaration qui, pendant un temps illimité tient la route, soit c’est une déclaration de mission qui, en cours de route, ne tient plus. Gbagbo ou rien veut dire que vous êtes maitre de la situation et que vous allez le libérer. S’il ne vient pas, comment vous allez faire ? Vous allez changer demain? C’est pour dire que la pérennité d’une déclaration de mission fait sa qualité.

« Gbagbo ou rien », une déclaration comme celle-là n’est pas une déclaration de mission pérenne. Non, on n’abandonnera jamais Gbagbo. Ça c’est clair. Il est avec nous. Il vit avec nous. Nous ne pouvons pas nous renier nous-mêmes. Il y a des gens qui viennent en politique à cause d’un individu. C’est Gbagbo qui nous a amené à la politique. Nous ne pouvons pas nous en débarrasser. C’est quand on porte le combat de Gbagbo qu’on l’aime. Une femme porte le combat de son mari. Un enfant porte le combat de son père. Le FPI doit aller aux élections pour reprendre le pouvoir si le parti a vraiment l’amour pour Gbagbo.

  Interview réalisée par  Benjamin KORé

Afrik53.com : Infos 7J/7
Lundi 23 Février 2015
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1.Posté par ALLEHAHUN le 25/02/2015 13:46 | Alerter
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"Notre Père qui est aux cieux, Donne moi, mon pain de ce jour" pour que je ne me prostitue pas. Oui, qui ose jeter la pierre à une prostituée du sexe féminin? Tous ces soi -disant anciens sont comme de coraux fixés sur les falaises attendant la proie. Quelle est cette génération de profiteurs universels qui se sucrent sur le dos du peuple. Que Charles aille aux élections et qui reconquisse son poste de maire sans l'appui de la base. Peut être qu'il ira tirer les gens de leur maison pour aller voter. Si ces individus comme Charles Blé Blé n'ont pas encore compris que les temps ont évolué, qu'ils continuent leur jeu de sorcier et qu'ils soupent à la table du diable. Tant pis; point de mérite et de respect pour leur personne.
Conseil "la voix du peuple (majorité) est la voix de Dieu. Qu'ils aillent se ridiculiser là ils veulent..

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