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CPI. Gbagbo prend le contrôle de la situation

le Jeudi 14 Juin 2012 à 06:29 | Lu 2170 fois



CPI. Gbagbo prend le contrôle de la situation
La « stratégie de guerre » d’Ocampo déboutée. Deux mois pour démonter les preuves fabriquées. Le sens d’une victoire précieuse

Après avoir obtenu que ses dépenses judiciaires soient prises en charge par la juridiction pénale internationale, que l’on considère que la «situation ivoirienne» a commencé en 2002 et non en 2010, la Défense du fondateur du FPI met en pièces la stratégie de la guerre-éclair du bureau du procureur. Explications des enjeux qui se cachent derrière cette subtile partie d’escrime.

Une belle victoire qu’il convient de saluer. En réussissant à emporter l’adhésion des juges de la Cour pénale internationale (CPI) au sujet du report de l’audience de confirmation des charges – qui n’aura plus lieu le 18 juin, mais le 13 août –, l’équipe de Défense a indubitablement marqué de précieux points. Très prosaïquement, une bataille s’était engagée entre la «team» dirigée par Emmanuel Altit et celle coachée par Louis Moreno-Ocampo, qui laisse progressivement la place à Fatou Bensouda.

Les avocats de Gbagbo demandaient le report, martelant que si la date du 18 juin était maintenue, Gbagbo «serait victime d`une violation de son droit à un procès équitable» et le bureau du procureur s’y opposait vigoureusement. Les juges ont donné raison à la Défense. Il ne faut pas avoir fait un doctorat en droit pour se rendre compte de ce que cela signifie pour chacune des deux parties. Plus profondément, il faut revenir aux «stratégies de guerre» d’Ocampo et d’Altit pour se rendre compte de ce qui se joue.

Ocampo et la technique de l'inondation

Magistrat plus «politique» qu’autre chose, homme de réseaux qui ne tient pas particulièrement à laisser un souvenir impérissable de son passage à la CPI, Louis Moreno- Ocampo s’est toujours mis sans états d’âme au service des pouvoirs occidentaux et de leurs alliés dans les pays du Sud. Sur le dossier ivoirien, il a très vite intégré la logique du tribunal des vainqueurs désignés par l’Occident. Sans scrupules, il parade aux côtés de Ouattara ou adresse un message de félicitations à Soro lors de son élection contestable à la tête de l’Assemblée nationale.

Face à la difficulté de sa tâche – prouver que la «politique» et le «plan» d’une «Organisation» pilotée par Laurent Gbagbo lui-même était responsable de centaines de morts civils, tout en recouvrant Alassane Ouattara et ses FRCI du manteau de l’impunité –, Ocampo a choisi la «technique de l’inondation». Il s’est servi d’un certain nombre de choses : la disproportion des moyens, qui lui permettait de «courir plus vite» que ses contradicteurs ; le chorus des accusations, déclarations et condamnations produites pendant la guerre postélectorale par les nombreuses ONG et officines d’influence pro-occidentales souvent financées par les mêmes fondations; et les centaines de témoignages de victimes réelles ou supposées, complaisamment fournis par le camp Ouattara, qui contrôle le territoire ivoirien et sait comment s’y prendre pour rendre difficiles les investigations et actions de la Défense. Ocampo misait surtout sur l’impossibilité pratique, pour les avocats de la Défense, d’éplucher, d’évaluer et de contester en un mois l’infinité des pièces et témoignages qu’il avait choisi de verser au dossier le plus tard possible, c’est-à-dire le 16 mai.

Altit et la stratégie des "petites victoires" et du discrédit progressif

Frêle David faisant face à un Goliath à la fois politique, judiciaire et médiatique, Emmanuel Altit a choisi, en concertation avec un Laurent Gbagbo dont lui-même dit qu’il pilote directement son dossier, la stratégie des «petites victoires» et du «discrédit progressif». Le fait de convaincre la Cour que la situation en Côte d’Ivoire ne peut être sérieusement envisagée que comme un long continuum qui part du 19 septembre 2002 – donc du début de la rébellion – est une «petite victoire» qui remet les choses en perspective et entraîne un phénomène psychologique : la peur change de camp et Soro comme ses «Comzones», qui savent leurs dossiers chargés, se méfient de plus en plus d’un Ouattara qui est le seul à qui l’Occident garantit l’impunité.

Quand Altit oblige la CPI à considérer Laurent Gbagbo comme «indigent » et à prendre en charge les frais de la Défense, il enregistre une nouvelle «petite victoire» qui a aussi pour avantage de faire tomber les montagnes de propagande médiatique sur les prétendus milliards de Gbagbo planqués dans les banques occidentales.

Hier encore, il a mis les juges de son côté, et ce n’est pas rien. Il a obtenu des moyens supplémentaires, et ce ne sera pas de trop dans les semaines qui viennent. En obtenant près de deux mois supplémentaires pour passer au peigne fin la «littérature » fournie aux juges par l’Accusation, la Défense de Gbagbo se donne les moyens de débusquer les faux grossiers, les montages et fabrications, les témoignages ontradictoires et les vidéos trafiquées qui pourraient bien se nicher dans les montagnes de «preuves» d’Ocampo. La principale arme du bureau du procureur, c’est-à-dire la guerre éclair, est bel et bien endommagée.

Altit et son équipe jouent fondamentalement sur les failles techniques et le manque de crédibilité juridique du bureau du procureur, susceptibles d’agacer certains juges et de permettre à la Défense de prendre l’ascendant symbolique sur l’Accusation. La qualité professionnelle des documents publics des deux camps est d’ores et déjà frappante. Il n’y a pas photo ! De plus, l’incapacité de l’Accusation à faire même semblant de se tenir à équidistance des «parties ivoiriennes», les propos à l’emporte- pièce d’Ocampo à Abidjan, l’absence de toute inculpation dans un camp Ouattara pourtant responsable d’opérations massives et indubitables d’épuration ethnique, travaillent d’une certaine manière à convaincre et l’opinion et les juges de la solidité de la thèse de la «collusion» entre le bureau du procureur de la CPI et le régime autoritaire d’Abidjan.

Il semble évident que la Défense essaiera d’imposer au régime Ouattara le même type de collaboration qu’il a avec l’Accusation, au nom du principe de «l’égalité des armes». Il pourrait s’agir notamment du droit d’enquêter et de recevoir des informations des actuelles autorités sans pressions ni menaces.

La requête en incompétence et la demande de liberté provisoire sont-elles oubliées?

De nombreux observateurs sont désorientés par le timing de la Défense, qui a laissé du temps s’écouler avant de se livrer à une contre-offensive que l’on peut considérer comme désordonnée. Pourquoi avoir fait le jeu de la CPI et plaider aujourd’hui son incompétence ? Pourquoi faire une demande de liberté provisoire si tard ? Et pourquoi demander le report de l’audience de confirmation des charges quand on mise plutôt sur un abandon total des charges ?

En réalité, il est tout à fait possible d’imaginer que la Défense a changé de stratégie, en prenant notamment acte de l’alternance en France et des possibilités qu’elle pouvait offrir. Il est possible qu’elle soit passée d’une ambition maximale – détruire toutes les charges et rendre impossible un procès sur le fond – à une ambition «raisonnable» – faire le dos rond lors de l’audience de confirmation des charges, en sachant qu’il s’agit d’un procès politique, que les dés sont jetés et qu’il n’est pas question de gaspiller des munitions précieuses – puis à une stratégie à nouveau conquérante. Mais il est également important d’avoir à l’esprit que l’avocat ne pouvant pas préjuger de la décision d’un juge, il ne perd rien à lancer le maximum de requêtes possibles, question de ne laisser tomber aucune opportunité pour bâtir une stratégie victorieuse.

Par ailleurs, en gagnant près de deux mois pour le début de l’audience de confirmation des charges, la Défense pourrait bien tenter de faire sortir les juges du bois en leur donnant le temps nécessaire pour répondre à la requête en incompétence et à la demande de mise en liberté provisoire. C’est une partie de billard à plusieurs bandes qui se joue entre La Haye et Scheveningen!

Théophile Kouamouo

http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=7168

Jeudi 14 Juin 2012
Vu (s) 2170 fois



1.Posté par Marie21 le 14/06/2012 14:52 | Alerter
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Que l'Esprit-Saint guide les avocats de notre cher président.Que Dieu protège tous les prisonniers et leur donne la force,l'énergie dont ils ont besoin.

2.Posté par Mathieu Zogbo le 14/06/2012 14:56 | Alerter
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DIEU EST AU CONTROLE ET LE MONDE RECONNAITRA SA GRANDE PUISSANCE PARCEQU'IL EST UN DIEU DE JUSTICE ET SA PAROLE NE RETOURNE A LUI TANT QU'ELLE NE SOIT EXECUTEE

3.Posté par GAH le 14/06/2012 15:10 | Alerter
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Une victoire de plus dites-vous.Mais qui ne dit pas que cet avocat nage en eau trouble! N'a-t-il pas été taxé de Sarkoziste par certains pro-gbagbo; comment lui fait-on la par belle aujourd'hui? Déclarer Mr Gbagbo Laurent "d'indigent", et faire reporter cette audience me paraît incongru. Attendons de voir; car si "noir c'est noir"; "blanc c'est blanc". Pour tout dire Mr Altit, l'avocat du président ne m'inspire pas confiance.

4.Posté par 100/100 Kamerunais le 14/06/2012 21:21 | Alerter
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gardons le suffle jusqu`a ce ke le president Gbagbo soit libere et soro arrete, et ouattara enterre

5.Posté par fo péyièna le 15/06/2012 00:34 (depuis mobile) | Alerter
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ke Dieu bniss l Afrik

6.Posté par SILUE SEKONGO le 15/06/2012 10:29 | Alerter
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Je voulais me limiter aux félicitations à l'endroit de M. Kouamouo Théophile pour cette analyse très pointue. Cette analyse que ne peuvent cerner que les spécialistes de la matière.

Cependant la brutale intervention du frère GAH m'a interpellé. Le frère Gah dans son intervention qui précède, stigmatise le fait qu'on est considérée comme "victoire", l'extension de l'enquête au début de la rébellion en septembre 2002.

Frère GAH, si cette extension te deplaît, c'est ton droit de voir les poursuites exclure cette période. Personne ne peut t'en vouloir.

Des " pro-Gbagbo taxaient Me Altit de Sarkoziste".

Frère GAH, n'est-ce pas normal que des personnes qui sont préoccupées par le sort d'un des leurs, prêtent une particulière attention à l'environnement de défense de celui-ci ? En quoi émettre des réserves sur ce pan de l'affaire devrait offusquer ? Est-i à exclure que de telles réserves sont de nature à permettre à celui objet de soupçons de se raviser ? Là encore, il est loisible au Frère GAH d'être mécontent de l'attention que portent plusieurs ivoiriens au dossier GBAGBO. On ne peut lui dénier le droit d'être contre tout ce qui peut faire avancer le dossier Gbagbo.
Ensuite, le frère GAH est hors de lui lorsqu'on présente le Président GBAGBO comme un "indigent" et sur la base de ce motif on obtient " le report de l'audience".

Ici encore, je voudrais m'obliger à dire au Frère GAH qu'on ne présente pas le Président GBAGBO comme un indigent. Son indigence est constatée par voie judiciaire. Il semble que tu n'y vois aucun avantage. C'est encore ton droit. Mais laisse-moi te dire que ceux qui aiment vraiment Gbagbo sont contents pour la constatation de son intention à plus d'un titre :
1°- Gbagbo, après après avoir dirigé la C.I pendant 10 ans est reconnu indigent veut dire qu'il n'est pas un dictateur, car le dénominateur commun de tous les dictateurs, c'est de ne pas bouger, de ne pas se "lever" de là où ils se trouvent, à l'effet d'évitet qu'on voie les trous béants faits dans la trésorerie de leur pays pour se constituer des fortunes.

2°- Gbagbo déclaré indigent par une juridiction internationale, veut tout simplement dire que les procédures initiées par la Justice des vainqueurs ne sont que de la pure comédie.

3°- Gbagbo déclaré indigent par une juridiction internationale signifie clairement qu'il a gagné l'élection du 28 novembre 2010.

4°- Gbagbo reconnu internationalement indigent est la preuve parfaite qu'il est le seul démocrate achevé de l'Afrique subsaharienne. Car, dans cette même C.I, on a vu des gens diriger, ne serait-ce que seulement une transition de 10 mois qui déclarent au moins 7 milliards. Qui dit mieux ?
Pour le report de l'audience, le frère Gah aurait souhaité qu'on juge Gbagbo à n'importe quelles conditions. Je t'accorde l'excuse que tu ne semble pas cerner l'étude d'un dossier judiciaire. Mais de là à souhaiter que le Président GBAGBO soit jugé précipitamment. Pour quel objectif ? Bof, c'est aussi ton droit de nourrir un tel dessein.

Enfin, tu espères que GBAGBO sera condamné. Car pour toi, Bensouda, noire, et les autres composantes de la CPI, feront le travail de votre souhait.
Je relève que tu n'as pas cerné le papier de Théophile. Nous ne sommes pas Dieu. Nous ne préjugeons pas de ce qui adviendra demain. Seulement, l'analyse de M. Kouamouo analyse les petites victoires, de véritables exploits que Gah ne peut voir. C'est à cela que nous sommes. Si demain, d'autres résultats qui plairaient au frère GAH advenaient, on les analyserait en conséquence.

Evitons de nous déculoter si on est incapable d'une analyse soutenue.

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