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CÔTE D'IVOIRE: Les producteurs de cacao espèrent que les réformes leur seront bénéfiques

le Mardi 22 Novembre 2011 à 21:54 | Lu 790 fois



CÔTE D'IVOIRE: Les producteurs de cacao espèrent que les réformes leur seront bénéfiques
ABIDJAN, 22 novembre 2011 (IRIN) - Les revenus des producteurs de cacao ivoiriens devraient augmenter suite aux réformes annoncées par le président Alassane Ouattara au début de novembre.

Selon le ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly, les producteurs devraient désormais toucher pour leur cacao entre 50 et 60 pour cent du prix international, au lieu des 35 pour cent qui leur reviennent actuellement.

Le prix international, appelé également prix CIF ou CAF (coût - assurance - fret) signifie que le vendeur paie le coût, le fret et l’assurance pour acheminer les marchandises jusqu’au port de destination ; ce terme fait référence au prix du cacao prêt à l’exportation.

Le gouvernement met en place ces réformes pour satisfaire aux conditions imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), ce qui lui permettra d’avoir accès à 3 milliards de dollars d’allégement de la dette, dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

Le ministre de l’Economie, Charles Koffi Diby, a indiqué le 8 novembre que le gouvernement a l’intention de mettre ces réformes en application avant la fin de 2011 et espère que l’allégement de la dette sera approuvé d’ici la fin de 2012.

Le cacao a rapporté à la Côte d’Ivoire un milliard de dollars de recettes en devises en 2006 ; en comparaison, le pétrole et les autres produits raffinés ont, selon le FMI, rapporté 1,3 milliard de dollars. Le pays produit environ 40 pour cent du total du cacao mondial et a obtenu une récolte record de presque 1,5 million de tonnes de fèves en 2010-2011.

Selon la Banque mondiale, quelque 900 000 paysans ivoiriens produisent du cacao et 3,5 millions de personnes vivent des revenus générés par les activités connexes.

Les changements

Les réformes imposent au gouvernement de réguler le secteur avec plus de fermeté. Poursuivant une évolution politique qui touche beaucoup d’autres secteurs, la Banque mondiale et le FMI exigent aujourd’hui une réglementation plus stricte, après avoir poussé à la libéralisation du secteur il y a 13 ans.

Le gouvernement prévoit de fixer un prix garanti pour le cacao avant la prochaine saison ; la saison commence chaque année en octobre et se termine en septembre de l’année suivante. Cette mesure devrait mettre la Côte d’Ivoire dans une position plus favorable pour « influencer les cours mondiaux du cacao », a indiqué Bruno Koné, porte-parole du gouvernement.

Du temps de la libéralisation, le gouvernement annonçait un prix indicatif à payer aux producteurs au début de chaque saison, mais cette promesse était rarement respectée. En réalité le prix du cacao avait tendance à fluctuer de jour en jour.

Le prix fixé pour la saison 2010-2011 était de 1100 francs CFA (2,26 dollars) par kilo mais le prix moyen obtenu par kilo a été de 805 francs CFA (1,65 dollar), selon le Comité de gestion de la filière café-cacao (CGFCC).

Le prix indicatif pour 2011-2012 était de 2,06 dollars, mais durant la semaine du 24 au 31 octobre, les producteurs n’ont reçu en moyenne que 1,50 dollar pour leur cacao et beaucoup refusent de vendre tant que les prix n’auront pas monté.

« Peu de camions ont quitté les fermes pour rejoindre les ports. Les paysans attendent pour vendre, même si [cela signifie que] la qualité de leurs fèves pourrait en pâtir, » a dit Bilé Bilé, chef d’une coopérative de 637 producteurs à Abengourou, près de la frontière du Ghana.

D’autres changements concernent la mise en place d’un organisme de régulation destiné à superviser le secteur ; celui-ci remplacerait les quatre institutions qui remplissent à présent cette fonction. Le ministre M. Coulibaly a également indiqué que 70 à 80 pour cent de la récolte serait vendue avant le début de chaque saison, afin que les revenus des producteurs et de l’Etat soient plus faciles à anticiper.





Photo: Olivier Monnier/IRIN



Sacs de cacao prêts à la vente

Avant la libéralisation, c’est la Caisse de Stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles (CSSPPA) – plus connue sous le diminutif Caistab – qui gérait le secteur, mais beaucoup lui reprochaient le manque de transparence et l’inefficacité de ses transactions, a dit Samir Gadio, analyste de l’économie de l’Afrique de l’Ouest auprès de la Standard Chartered Bank à Londres. Il a aussi fait remarquer que la dérégulation n’avait pas amélioré la transparence.

Le ministre M. Coulibaly met l’accent sur la transparence. « De trop nombreux abus ont été observés pendant la libéralisation. Nous voulons mettre la bonne gouvernance au coeur de la réforme, » a t-il déclaré aux journalistes à l’occasion du lancement des changements de la politique [sur le cacao].

M. Gadio a indiqué que les analystes allaient surveiller de près le degré d’indépendance du nouvel organe de régulation.

Les paysans devraient y gagner

Les associations de paysans ont dans l’ensemble bien accueilli les réformes. Mamadou Koné, responsable d’une coopérative de producteurs à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a dit à IRIN que les réformes devraient permettre aux producteurs de « ne plus être livrés aux fluctuations du marché international… Avec un prix référentiel minimum avant chaque saison, on peut s'organiser et faire des prévisions sur l'avenir. »

Malgré une récolte record en 2010-2011, les paysans ont encore bien du mal à s’en tirer ; les prix du cacao sont changeants et en général trop bas. Bilé Hilé, le chef de la coopérative d’Abengourou, a dit à IRIN que le prix fixé par le gouvernement n’avait jamais été respecté.

« Les producteurs ne touchent pas assez alors que la coût de la vie et le prix du riz augmentent sans cesse. » a t-il dit à IRIN. De nombreux producteurs ont eu de grandes difficultés à faire un bénéfice une fois couverts les coûts des engrais, des pesticides et du transport, qui ont tous explosé dans les dernières années.

Les paysans ont poursuivi la récolte malgré la violence post-électorale qui a frappé le pays, tout particulièrement dans les régions de culture du cacao, et malgré l’interdiction d’exporter le cacao imposée en janvier 2011 par le président Alassane Ouattara, pour étrangler les finances de l’ancien président Laurent Gbagbo durant la crise.

La partie agricole de l’industrie du cacao devrait croître de 1,7 pour cent en 2011, tandis que la partie industrielle semble devoir diminuer de 8,4 pour cent et les services de 13,4 pour cent, d’après le ministère des Finances.

Se faire entendre

Beaucoup de producteurs se sont plaints de ne pas avoir eu leur mot à dire dans les discussions concernant les réformes. Gervais Séri, président de l’Association nationale des producteurs de café et de cacao de Côte d’Ivoire (Anaproci) a dit à IRIN : « Les fermiers doivent être les acteurs principaux et être au cœur du secteur, c'est pourquoi nous demandons au gouvernement que les associations de producteurs siègent au sein du conseil d'administration de la nouvelle structure de régulation. »

Il faut davantage de précisions sur ce que le gouvernement propose exactement, a dit un diplomate étranger qui a demandé à rester anonyme. Jusqu’à présent, le gouvernement a été généreux avec l’information dans le sens large du terme, mais il n’a donné aucun détail précis sur la façon d’appliquer les réformes.

« Le cacao, c'est une affaire privée, » a dit à IRIN Amoikou Boi, un producteur de la ville d’Abengourou, à l’est du pays. « L'Etat ne peut pas tout imposer sans consulter les producteurs. »

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Mardi 22 Novembre 2011
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