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COMMEMORATION DU 11 AVRIL 2011 :Déclaration des Ivoiriens vivant en exil

le Jeudi 12 Avril 2012 à 00:28 | Lu 541 fois



Souvenons-nous ! Onze avril 2011 – 11 avril 2012.Voilà un an que l’incroyable s’est produit : le Président Laurent Gbagbo, démocratiquement élu par son peuple et régulièrement investi par le Conseil Constitutionnel ivoirien, est renversé par un coup d’Etat menée par l’armée française appuyée par les soldats de l’ONU, pour installer Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Capturé à sa résidence par les éléments des forces spéciales françaises, le Président (déchu) est aussitôt remis à son adversaire Alassane Ouattara. Il sera déporté, comme son épouse, son fils et plus d’une centaine de ses collaborateurs, dans le Nord du pays avant d’être transféré seul à la prison de la Cour Pénale Internationale à La Haye.

Pour commémorer ce triste et honteux épisode de l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, la communauté des Ivoiriennes et Ivoiriens vivant en exil a décidé de se rassembler pour se souvenir ensemble, dans le silence, dans la douleur et le recueillement.

A l’occasion de cette première commémoration, les exilés ivoiriens tiennent d’abord à rappeler les graves crimes, exactions et violences injustes commis en Côte d’Ivoire et dont le Président Gbagbo, sa famille, ses collaborateurs, la population civile, les jeunes patriotes ivoiriens et africains épris de liberté ont été les victimes dans cette crise. Ils tiennent ensuite à donner leur analyse de cette longue escalade d’actes de violence inédits qui ont culminé dans la guerre de mars-avril 2011. Ils se proposent enfin d’indiquer leur position sur les perspectives et conditions d’une sortie de crise par une vraie réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

I – Les faits

La crise ivoirienne a montré très clairement que Monsieur Ouattara et son parti, le Rassemblement Des Républicains (RDR) ont institué la violence dans le jeu politique ivoirien. Depuis longtemps ce parti et son Mentor, ont fait du recours systématique aux coups d’Etat et à la violence leurs principaux moyens de conquête et d’exercice du pouvoir. On peut citer l’irruption sur la scène politique des loubards avec à leur tête Hamed Bakayoko, actuel ministre de l’intérieur, dès après la nomination de Ouattara comme Premier ministre d’Houphouët en 1990 ; l’apparition quelques années plus tard des Dozos, cette force paramilitaire mystico-fétichiste aujourd’hui présente au sein des forces pro-Ouattara et, surtout, le coup d’Etat militaire menée par des militaires proches de Ouattara, dont son ancien garde de corps, qui a renversé le régime de Henri Konan Bédié en 1999 et installé le Général Robert Guéï au pouvoir.

Cette utilisation de la violence est montée en intensité contre la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et le Président Laurent Gbagbo à partir de 2000 à travers notamment, les violentes marches de protestation du RDR des 4 et 5 décembre 2000 et la tentative avortée du coup de force des 7 et 8 janvier 2001, perpétré par des soldats déserteurs pro-Ouattara. Ces deux moments de violence ont causé d’importantes destructions de biens publics et plus de 200 victimes civiles et militaires. Cette escalade de la violence politique a donné au parti de Monsieur Ouattara un goût prononcé pour la méthode des assassinats de hautes personnalités de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions, comme moyen pour atteindre ses fins : l’exécution atroce du ministre de l’intérieur Désiré Tagro dans la journée fatidique du 11 avril 2011, nous rappelle celle de son malheureux prédécesseur, le ministre d’Etat Emile Boga Doudou, au petit matin de cette nuit tragique du 18 au 19 septembre 2002.

Nous gardons encore aujourd’hui dans le souvenir de nos mémoires traumatisées les scènes d’horreur des innombrables exactions et des crimes odieux commis à la fois par les FRCI de monsieur Ouattara et les soldats de la force française Licorne sur les populations civiles sans défense et sur les jeunes patriotes qualifiés souvent à tort pour justifier le crime, de « miliciens pro-Gbagbo » dans tous les quartiers d’Abidjan et singulièrement à Yopougon et à Cocody. Dans le palais présidentiel appelé pour la cause « le Bunker de Gbagbo » comme sur le campus universitaire de Cocody, ce sont plusieurs centaines de jeunes aux mains nues qui ont été atrocement tués sous les bombardements des hélicoptères français et onusiens.

Comment garder sous silence la réalité du génocide Wê qui a cours sous nos yeux dans l’ouest de notre pays et dont le martyre des 800 civils massacrés par les forces pro-Ouattara à Duékoué n’est que la partie visible ?

En réalité le nombre total de morts causés par la crise post électorale dépasse de loin le chiffre officiel de 3000 victimes avancé par les médias internationaux : il est plus raisonnable de le situer entre 9000 à 10000 morts. Mais la longue liste des crimes à l’actif du régime Ouattara ne s’arrête pas là ! Il faut encore y ajouter les expropriations arbitraires des personnes soupçonnées d’avoir soutenu la campagne du président déchu ; les arrestations et poursuites engagées contre les militants connus et électeurs supposés de LMP et du FPI ; les déportations et emprisonnement des collaborateurs du président Laurent Gbagbo dont le professeur Aké N’Gbo, son premier ministre sortant et Affi N’Guessan, son ancien premier ministre et président du FPI. Il y a enfin la mise à sac systématique de l’appareil d’Etat perpétrée par les FRCI, qui ont organisé le pillage des banques, la destruction incompréhensible des services de l’administration et des biens publics, meubles, immeubles et équipements divers !

II – Notre analyse.

Les exilés Ivoiriens, et ils ne sont pas les seuls, notent :

1 - que malgré tous ces crimes et préjudices, le pouvoir Ouattara qui avait promis une Démocratie inclusive et un redressement économique rapide du pays, ne parvient pas à rétablir ni la sécurité publique, ni la confiance des opérateurs économiques, ni un climat politique propice à la réconciliation nationale. La doctrine du « rattrapage ethnique » et son cortège de nominations arbitraires, de licenciements abusifs, l’aggravation du chômage, l’augmentation du coût de la vie, etc. tout cela génère encore plus de pauvreté et de détresse sociale dans le pays;

2 - L’acharnement obstiné du régime Ouattara à déporter, à embastiller, à pourchasser et traquer ses adversaires politiques par tous les moyens (Gels des avoirs, confiscations de patrimoines privés, mandats d’arrêts internationaux délivrés à tout vent etc.) dénote une gouvernance d’un autre âge ! De mémoire d’homme politique, jamais depuis le procès de Nuremberg, un régime dit « d’alternance démocratique » n’a marqué autant d’acharnement et pratiqué une « justice des vainqueurs » instrumentalisée, en pourchassant ses adversaires politiques, jusque dans leurs derniers retranchements en exil, en allant jusqu’à les priver de moyens d’existence, de moyens de scolariser leurs enfants et pour tout dire, en déniant leurs droits élémentaires à la vie et en les menaçant dans leur intégrité physique.

Les dirigeants politiques du FPI n’ont pourtant jamais produit, faut-il le rappeler, une idéologie dangereuse pour la paix mondiale, comme le laissent supposer tous ces mandats d’arrêts internationaux destinés à les traquer. Bien plus ils ont toujours siégé avec les partisans de messieurs Alassane Ouattara et Konan Bédié dans les différents gouvernements du président Laurent Gbagbo, dont Seydou Diarra du RDR, Charles Banny du PDCI et Guillaume Soro de la rébellion ont été successivement les Premiers ministres. Au demeurant il est de notoriété publique que les auteurs et inspirateurs du concept de « l’ivoirité » dont on tente vainement de faire endosser la responsabilité aux dirigeants du FPI, participent à l’heure actuelle au gouvernement de monsieur Alassane Ouattara à Abidjan.

A quoi répond donc l’obsession du pouvoir Ouattara à liquider radicalement les dirigeants du FPI et de LMP, sinon à une forme de délire politique proche de la paranoïa ?

III – Notre position :

Les Ivoiriennes et Ivoiriens vivant en exil, les militants, sympathisants et dirigeants du FPI et de LMP, le peuple et les patriotes ivoiriens portent toujours le deuil de la déportation du Président Laurent Gbagbo, le deuil de leurs camarades de lutte décédés en exil, le deuil de tous les civils et militaires Ivoiriens morts pour la patrie dans la guerre injuste faite à la Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara.

Par-delà la douleur et le profond sentiment d’injustice, nés des événements d’avril 2011, et alimentés par l’impunité totale dont bénéficient les forces pro-Ouattara, ils se déclarent cependant prêts à œuvrer pour le redressement de la Côte d’Ivoire et pour la réconciliation nationale. Il revient toutefois au nouveau pouvoir, de réunir les conditions d’un dialogue politique véritablement inclusif et constructeur ; conditions sans lesquelles aucune perspective d’avenir ni pour notre pays ni pour la paix en Afrique de l’ouest n’est envisageable.

En conséquence, nous exigeons :

- la libération immédiate et sans condition de nos collègues et camarades de lutte déportés et embastillés ;
-le rétablissement sans délai de la sécurité publique, des droits fondamentaux et libertés démocratiques pour tous ;
-la dissolution des FRCI et la restauration des forces armées régulières de Côte d’Ivoire dans leur fonction régalienne, en attendant la construction de nouvelles forces armées nationales et républicaines en Côte d’Ivoire ;
-la restitution des domiciles occupés, des patrimoines confisqués et le déblocage des avoirs et des biens gelés ;
-la suspension des mandats d’arrêts internationaux et des différentes poursuites engagées dans la logique d’une justice des vainqueurs en attendant la réhabilitation d’une justice véritablement républicaine dans notre pays.

Fait ce jour, 11 Avril 2012
Pour la Coordination des Ivoiriens en Exil
Le Porte parole
Dr Assoa Adou



Jeudi 12 Avril 2012
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