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Business - Ibuka Ndjoli : "Mon père Est La personne Qui m’a Le Plus Impacté"

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 1 Mai 2014 à 15:32 | Lu 372 fois



1-Tes premiers pas dans le domaine du business

Il me serait assez difficile de parler de mes premiers pas dans le business car ceux-ci remontent à très longtemps dans le passé, si tant est que l’on considère business toute activité lucrative. En effet, dès l’âge de 14 ans, j’ai pris l’initiative, à Dakar, de vendre des pagnes hollandais et africains, aussi appelés « wax », afin d’avoir suffisamment de fonds pour m’offrir un synthé (piano électronique). Ce fut là une première et belle expérience dans le monde du business. Les pagnes m’étaient fournis par l’entreprise de mon père, laquelle les faisait importer afin de les rendre disponibles au Sénégal.

Et comme tous les vendeurs qu’embauchait l’entreprise, j’allais, sac à dos plein, à la recherche de clients et leur proposais ma marchandise. Ce fut donc là ma toute première activité dans le monde du business. Par la suite, à 17 ans, j’ai mis au point un service informatique qui réalisait des cartes de visite, des flyers, des affiches, des stickers (pochettes de DVD) et des montages photos et vidéos. C’était de l’informel, certes, mais une première activité entièrement montée et gérée par moi.

2-Qui t'a le plus impacté ?

Sans hésiter, je dirai mon père. Pourquoi lui ? Eh bien, il est l’une des premières success stories que j’ai eu à connaître. De lui, j’ai appris les rouages du monde des affaires. Lorsque mon père arrivait pour la première fois au Sénégal, c’était pour lui un pays étranger et il n’avait aucune activité génératrice de revenue, alors qu’il devait nourrir et loger une famille de plus d’une cinquantaine de personnes. Avec six cent mille francs CFA de fonds de départ, il a acheté un ordinateur, un Cbox – je m’en souviens encore – et une imprimante HP, avec lesquels il a pu monter, quatre ans plus tard, une SARL ayant un chiffre d’affaire de plusieurs millions de francs CFA.

Partie d’un simple service informatique, l’entreprise s’est diversifiée à telle enseigne qu’elle est devenue un incontournable au Sénégal, du moins au temps. L’entreprise accueillait d’illustres hommes d’affaires africains et occidentaux et maintes autorités dont des ministres, des ambassadeurs et autres. Alors, mon père est sans l’ombre d’un doute la personne qui m’a le plus impacté, bien que j’aie rencontré par la suite plusieurs autres qui continuent d’avoir un grand impact sur ma personne.

3-Ce qui te plait dans l'entrepreneuriat

Tout me plait dans l’entrepreneuriat. Je ne me vois pas sortir quoi que ce soit de l’entrepreneuriat pour en faire une particularité. J’ai toujours aimé la prise d’initiative, et cela dès ma plus tendre enfance. Et entreprendre, pour faire court, c’est prendre l’initiative de faire quelque chose. J’aime aussi cette prise du risque à laquelle nous contraint l’entrepreneuriat car, je pense comme Helen Keller que la vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien. Sans risques, on n’arrive à rien. Et refuser de prendre des risques, c’est se priver de la chance de réussir.

J’aime aussi la pression que l’on ressent et le fait qu’elle nous pousse à nous dépatouiller pour toujours garder la tête haute. Je pense qu’entreprendre, c’est aussi et surtout faire des sacrifices. Comme le disait quelqu’un, entreprendre, c’est accepter de vivre quelques moments de sa vie comme le font peu de gens, afin de profiter ensuite des résultats comme peu de gens le peuvent. Je pourrai continuer ainsi inlassablement à citer les choses qui me plaisent dans l’entrepreneuriat, juste pour dire que tout m’y plaît.

4-Quelles pourraient être les raisons du succès de ton business ?

Puisque la question est posée au conditionnel, je ferai de même en répondant, juste pour dire que je ne suis sûr de rien. La première des raisons pourrait être le fait que mon, ou plutôt mes businesses, répondent à de réels besoins. La seconde raison pourrait être ma cible : la jeunesse, laquelle représente plus de la majorité de la population dans la plupart des pays d’Afrique. La troisième pourrait être le sérieux et l’application qui me caractérisent et que je mets dans ces affaires. J’essaye au mieux de ne rien laisser à la légère. J’essaye d’écouter les besoins de ma cible, afin de toujours parfaire mon idée de base.

De ce fait, ce business ressemble à de l’eau que l’on donne à une personne qui a soif. Le problème ici est de faire comprendre aux clients que lorsqu’on a soif, ce n’est pas en buvant une boisson gazeuse que l’on étanche sa soif, mais plutôt en prenant un bon verre d’eau. Et c’est notre combat actuel.

5-Quelles sont tes difficultés dans ton secteur d'activité?

Comme j’ai déjà eu à le dire, la première difficulté à mon sens est de faire comprendre à la cible l’importance de ce que nous faisons. Cela n’est pas chose facile car, bien souvent, les gens préfèrent se tourner vers ce qui leur apporte peu, voire rien du tout, plutôt que de se tourner vers ce qui pourrait leur être bénéfique. Il faut, de ce fait, arriver à leur ouvrir les yeux afin qu’ils voient la nécessité de ce que vous leur proposez. Et c’est cela qui est difficile.

La seconde difficulté reste la main d’œuvre, ou, pour être plus simple, trouver des gens suffisamment engagés et impliqués, des gens qui ont la même vision que vous, et qui sont prêts à faire les mêmes sacrifices que vous pour atteindre cet objectif que vous avez en commun. Les gens ont plus tendance à vous applaudir de loin, plutôt que de vous apporter leur aide, ce dont vous avez le plus besoin. On ne peut pas leur en vouloir pour autant, car, entreprendre, on le fait toujours tout seul. Lorsqu’on a de la chance, on est rejoint par d’autres personnes, mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas, du moins au début.

La troisième difficulté, et c’est certainement la même pour tous les entrepreneurs, c’est le financement. Lorsqu’on n’a pas de soutien, il faut se dépatouiller pour faire marcher son activité, dans le cas contraire, on abandonne et se fond dans la masse. Trouver les fonds nécessite un véritable travail d’orfèvre, tant sur le plan intellectuel que physique, car ce ne sont pas toujours les banques et les investisseurs qui croiront en vous et votre activité en premier. Il faut parfois séduire le client avant de songer à séduire les banquiers.

6-Comment se porte ton business et tes futurs plans?

Da Promoter Agency, est une agence innovante se donnant pour mission de promouvoir le talent et l'entrepreneuriat des jeunes africains, aussi bien sur les scènes nationales qu'internationales.
Pour l’instant, notre Agence se porte bien. Nous avions dû faire une pause afin de remettre les choses en ordre, et relancer l’activité avec plus de punch comme on dit. Et aujourd’hui que nous l’avons relancée, nous sommes très confiants quant à l’avancée des choses.

Nous espérons nous étendre bientôt dans les pays voisins, tels que la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Cameroun, et les deux Congo, où nous avons déjà quelques collaborateurs. Concernant mes futurs plans à titre personnel, je travaille sur la publication de deux livres, dont l’un sur le leadership des jeunes et l’autre, un roman. J’entends au demeurant obtenir les diplômes que je brigue afin d’avoir la légitimité nécessaire pour mener à bien toutes mes activités. J’ai l’ambition de faire de Da Promoter Agency et de l’Agence Les Littérateurs des incontournables pour les jeunes talents, jeunes entrepreneurs et les jeunes auteurs qui désirent se faire publier.

Cela passera par une bonne et efficace communication, d’où l’importance d’un service attrayant. Petit à petit l’oiseau fait son nid, petit à petit nous faisons notre bout de chemin. Nous avons, bien entendu, des plans pour le long terme, lesquels gardent le même but : aider cette jeunesse qui en veut à se faire entendre et se faire connaître. Je suis un jeune qui travaille essentiellement pour les jeunes.

7-Une anecdote qui t'a marquée dans ton parcours entrepreneurial
Des anecdotes, il y en a à foison. En choisir une qui m’ait particulièrement marqué est aussi difficile que choisir une personne parmi toutes celles qui m’ont marqué. Le choix que je fais est donc purement à but didactique.

Après avoir trouvé mon idée d’entreprise, je voulais à tout prix la réaliser. Je n’avais alors pas de contacts, pas de matériels, et ne savais pas où trouver les fonds, car, comme tout jeune aspirant entrepreneur, le financement constituait un véritable problème pour moi, voire même un frein. J’avais le choix entre attendre que le financement me trouve ou faire avec les moyens du bord. Puisque mon besoin le plus urgent était une plateforme web, j’ai fait appel à un ami webmaster afin qu’il me réalise un site web, en lui proposant d’être mon associé dans cette affaire.

Celui-ci a refusé, disant qu’il ne pouvait travailler de la sorte. Or, le prix qu’il me fixait pour réaliser ce site – et c’était un prix d’ami – c’était 400.000F CFA, soit 610 euros. Je n’avais pas cet argent-là, mais je voulais mettre mon activité en marche, car j’y croyais. J’ai donc été acheter un livre s’intitulant : Comment créer un site internet, à 20.000F CFA, et je me suis enfermé pendant deux semaines dans mon appart afin d’apprendre le b-a-ba du HTML et du CSS. Au bout de ces deux semaines, j’ai créé tout seul mon site web, lequel je continue de parfaire aujourd’hui encore. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai reçu beaucoup d’éloges pour ce site, moi qui n’en avais jamais créé auparavant.

Cela m’a fait comprendre qu’avec de la volonté et de la persévérance, on peut tout faire. Si j’avais attendu d’avoir un financement ou un webmaster qui accepterait mon offre, je ne me serai peut-être jamais lancé. J’ai appris que parfois – et même pas seulement -, lorsqu’on veut réellement faire quelque chose, il faut soi-même se mouiller le maillot. Et depuis lors, c’est ce que je ne cesse de faire. Aujourd’hui, j’ai des contacts à travers le monde et j’ai pu monter cette affaire que je voulais, et même une autre. Milton Berle disait : « si l’opportunité ne frappe à ta porte, construis une porte ». C’est ce que j’ai toujours fait, et c’est ce que je pense qu’il faut faire.

8-Comment te relaxes tu ?

Relaxer est assez difficile lorsqu’on est entrepreneur. Il faut savoir que lorsqu’on se lance, on n’a plus de temps pour soi-même, du moins, lorsqu’on s’est fixé des objectifs et que l’on veut les atteindre. On voit très peu la famille, les amis etc… et cela peut beaucoup jouer sur notre sociabilité. C’est un sacrifice qu’il faut cependant faire. On dort peu, et même lorsqu’on est censé relaxer, on pense à de nouvelles choses à ajouter afin d’améliorer ce qu’on n’a cessé de faire toute la semaine durant. Il n’y a plus de week-end car tous les moments de liberté que l’on a deviennent des prétextes pour travailler sur notre activité. De ce fait, relaxer est assez difficile.

Depuis que j’ai intégré ce monde entrepreneurial, je n’ai cessé de perdre du poids. L’appétit m’a fui, de même que certains amis qui ne comprennent pas le fait que je n’aie pas de temps pour aller faire la fête comme jadis. Le problème n’est pas de ne point le pouvoir, mais lorsqu’on doit allier autant de choses que je fais, il faut savoir définir ses priorités. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faille bosser non-stop. Non. Il faut, comme à tout être humain, un moment de répit. Moi, je le trouve en écoutant de la musique ou en lisant. A mon sens, ce ne sont pas des activités, mais des manières de se relaxer, tout en se nourrissant l’esprit.

9-Un livre sur l'entrepreneuriat que tu recommandes fortement?

Je ne suis pas du genre à lire des livres sur l’entrepreneuriat, non pas parce que je ne les trouve pas utiles, mais parce que ce qu’on y dit est parfois à l’opposé de nos réalités, celles africaines, j’entends. De ce fait, en les lisant, soit on est totalement frustré, parce qu’on constate que les choses sont totalement différentes chez nous ; soit on devient trop rêveur, pensant qu’on peut adapter ce qui se fait ailleurs et s’attendre à ce que cela marche. Je ne déconseille cependant pas ce genre de livres.

Mais s’il faut les lire, il faut être conscient que ce qui y est dit n’est pas forcément adaptable chez nous. Tout ce qu’on peut faire est d’y tirer des leçons, d’y apprendre des techniques, de nouvelles méthodes lesquelles il faudra transformer afin de les adapter chez nous. C’est tout un travail que cela. Je ne saurai donc recommander un livre sur l’entrepreneuriat. Cependant, je conseille vivement le livre de Dale Carnegie : Comment trouver le leader en vous. C’est un livre sur le leadership, mais qui donne des outils pour l’entrepreneuriat de manière générale, et pour la gestion de sa vie professionnelle. C’est l’un des livres qui m’ont beaucoup marqué.

10- Un message pour les aspirants entrepreneurs ?

Je commencerai par dire d’arrêter d’être des aspirants entrepreneurs pour devenir des entrepreneurs. Le pas entre ces deux stades est négligeable, mais beaucoup ne parviennent pas à le faire. On trouvera aisément des milliers de raisons pour ne pas oser entreprendre ; mais ce qui est difficile, et ce qu’il faut faire, c’est trouver une bonne raison d’entreprendre. Et celle que j’ai trouvée, moi, se résume à une question : « Etes-vous satisfait(e) de la vie que vous menez et du monde dans lequel vous vivez actuellement ? » Si la réponse est oui, ne changez rien, continuez ainsi.

Mais s’il y a une seule chose dans votre vie, ou dans votre société, qui ne vous satisfait pas, alors faites de votre mieux pour la changer. En fait, les entrepreneurs, du moins à mon sens, sont des acteurs du changement. Ils ne passent pas leur temps à se plaindre que les choses ne soient pas telles qu’ils les voudraient ; ils s’activent au contraire afin qu’elles soient telles qu’ils les voudraient être. Mon message est donc d’entreprendre pour être des acteurs du changement, ou du moins pour initier ce changement, même si d’autres viendront le réaliser. Mais il faut aussi savoir si l’on est fait pour l’entrepreneuriat, ou pour la vie d’employé, car certains en ont l’étoffe et d’autres non. Le savoir dès le départ permet de perdre moins de temps.

Afrik53.com : Infos 7J/7
Jeudi 1 Mai 2014
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