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Avant le coup d’Etat de la France, le 11 avril 2011- Gbagbo : “Mes derniers moments à la résidence”

le Samedi 14 Avril 2012 à 02:19 | Lu 1411 fois



Avant le coup d’Etat de la France, le 11 avril 2011- Gbagbo : “Mes derniers moments à la résidence”
«Côte d’Ivoire, le coup d’Etat». C’est sous ce titre que le journaliste camerounais Charles Onana, spécialiste d’investigation sur les grands dossiers, a restitué, pour l’histoire, la quasi-totalité des manœuvres souterraines orchestrées par la France de septembre 2002 (avec la rébellion armée pro-Ouattara) au 11 avril 2011 (avec le coup d’Etat). Dans l’extrait ci-dessous tiré de ce livre, Charles Onana rapporte les derniers instants du Président Gbagbo dans sa résidence bombardée. C’est Laurent Gbagbo, lui-même, qui raconte. Témoignage édifiant.»

Le 11 avril 2011, l'armée française se déploie à Abidjan. Elle accompagne les troupes rebelles d'Alassane Ouattara dans le coup d'Etat contre le président Gbagbo. Selon des témoins se trouvant à l'intérieur de la résidence du chef de l'Etat ivoirien, les forces spéciales françaises seraient passées par le tunnel reliant l'ambassade de France à la résidence du chef de l'Etat ivoirien. Ce tunnel, qui avait été creusé du temps de Félix Houphouët-Boigny pour faciliter l'intervention rapide de l'armée française en cas de difficulté du chef de l'Etat, est devenu le piège du président Gbagbo.

Les forces spéciales françaises auraient défoncé le mur d'accès en béton de la résidence à la dynamite avant de pénétrer directement dans les pièces où se trouvaient la famille du chef de l'Etat et ses collaborateurs. Le président Sarkozy et ses ministres ont beau nier avoir aidé monsieur Alassane Ouattara à prendre le pouvoir par la force, les militaires français, eux, osent dire la vérité sur leur action. D'après l'hebdomadaire satirique, Le canard enchaîné : « Selon plusieurs témoignages d'officiers supérieurs au "Canard", la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara.

L'un d'eux, proche de l'Elysée, se félicite de "notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan". Il est vrai qu'en moins de quatre jours les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande distance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : "on a fourni des conseils tactiques aux FRCI", mais aussi "des munitions et des Famas (fusils d'assaut).

Sous les bombes françaises

De son côté, le contingent militaire français est porté, le 4 avril, à 1.700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent Licorne ont été notamment renforcés par des Rambo de la Direction des opérations (ex-service action) de la DGSE et des Forces spéciales. Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l'entourage de Ouattara. A 19h30, quatre hélicos Puma, soutenus par des Mi24 de l'ONUCI, commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, "l'ancienne puissance coloniale" bombardait des soldats et des populations ivoiriennes. Cet héroïque canardage qui, selon l'Élysée, laissait entrevoir une reddition de Gbagbo, risque pour autant de laisser des traces profondes ».

Le président Gbagbo nous a confié ce qui s'est réellement passé lors de son arrestation: « Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au Il avril 20 Il. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l'ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l'université de Lyon avec moi.

Tagro m'avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J'étais sur le point d'aller prendre ma douche lorsque Tagro m'a informé du souhait de monsieur Juppé. Il était au téléphone avec Charles Millon. J'ai dit à Tagro de dire à monsieur Millon que j'étais disposé à parler avec monsieur Alain Juppé. Quand j'ai fini de prendre ma douche, j'ai retrouvé Tagro qui m'attendait, le téléphone à l'oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu'on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J'avais une collection de livres d'auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l'époque où j'étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.

Quatre jours avant, les soldats français sont partis à l'aéroport pour prendre la tour de contrôle. Ils ont demandé à une femme qui était de service ce jour-là si elle était pour Ouattara ou pour Gbagbo. Pour sauver sa peau, elle a dit qu'elle était pour Ouattara. C'est ainsi que les soldats français ont pu apporter des tonnes de matériel de guerre qui ont servi au bombardement. Ils ont fait venir des éléments nouveaux pour conduire les hélicoptères et les chars devant servir à nous attaquer.

Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c'était 6+3. C'est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu'auparavant, c'était uniquement 3 hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s'aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu'on m'apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des forces spéciales, l'officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu'il ne peut plus combattre car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens.

Le 10 avril, j'ai dit à Konan qu'il devait cessez le combat pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient seulement ma tête. J'ai demandé qu'on me laisse attendre sereinement le dénouement à la résidence. Les soldats voulaient me mettre à l'abri. Ils craignaient pour ma vie mais je leur ai dit que je n'étais pas militaire mais chef de l'Etat. Ce qui m'importait le plus c'était leur sécurité et non la mienne devant le feu français. À ce moment-là, Konan me dit la gorge serrée, "monsieur le président, les Français ont tout détruit".

En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d'achever leur mission c'est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu'ils ont envoyé les rebelles m'arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d'autres images de moi. Il n'y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation ».

La brutalité avec laquelle les collaborateurs du président Gbagbo ont été traités ne souffre d'aucun doute. Même les images arrangées après la chute du président Gbagbo ne suffisent pas à dissimuler la violence des rebelles contre les personnalités se trouvant au palais présidentiel. Pour masquer l'intervention française contre Laurent Gbagbo, on a préparé un petit guide de communication pour répéter à tous les journalistes et dans tous les médias : « Ce sont les troupes de Ouattara qui ont arrêté Gbagbo. Les Français, pardon, l'ONU, avec l'aide française, ont juste apporté leur soutien ».

Personne, sauf ses initiateurs de l'Élysée, n'a cru à ce grossier canular. Après l'avoir longtemps caché, on apprenait aussi, pour une fois officiellement, que le «démocrate» Ouattara avait aussi une armée privée, disons une «rébellion». C'est donc grâce à ces «rebelles» appuyés par l'armée française qu'il a pu accéder au pouvoir à défaut d'y parvenir réellement par les urnes. Toutes ces initiatives et ces actions plus ou moins dissimulées expliquent pourquoi le recomptage des voix a été refusé par monsieur Ouattara et ses soutiens de «la communauté internationale». Il fallait absolument donner l'impression que monsieur Gbagbo était renversé pour non respect des résultats électoraux.

Obama, Grand Nègre et piètre corrupteur

En réalité, les pressions avaient commencé depuis un certain temps et elles venaient directement de la Maison Blanche. Selon le président Gbagbo : « Un sous secrétaire d'Etat américain m'a téléphoné et m'a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m'exiler avec soixante quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j'aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars (1 milliard FCFA, Ndlr), etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste. Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J'ai finalement raccroché, fatigué de l'entendre pérorer sur les propositions qui m'attendaient si j'acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose d'étrange dans ce discours.

Quel était le sujet ?

A mon avis, c'était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j'avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J'ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J'ai même proposé une commission d'enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S'il est prouvé que j'ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j'ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d'apaisement et de paix dans tout le pays.

Mais pourquoi s'obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j'ai perdu les élections? Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu'Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m'a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n'ai même pas ouvert l'enveloppe.

Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j'ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu'ils infligeaient à mes oreilles ».

Source : «Côte d’Ivoire : Le Coup d’Etat» par Charles Onana



Samedi 14 Avril 2012
Vu (s) 1411 fois



1.Posté par ERNEST le 14/04/2012 17:36 | Alerter
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il faut être LAURENT GBAGBO pour refuser de parler à OBAMA; fut-il ! c'est cela la dignité d'un chef , la fierté d'un Africain digne. Saurait été l'Autre, il s'empresserait de prendre le téléphone pour faire la courbette. Mais dans la vie quand on est dans le Vrai, on est sous la protection de DIEU. Avec toutes ces bombes larguées LAURENT GBAGBO pouvait être assassiné . Mais comme il dans le vrai, il a été protégé par Dieu. Aujourd'hui que constatons-nous? ILS se dévoilent sur VOX AFRICA, sur FRANCE 24 , sur RFI. La vérité finira par se savoir INCHALLAH.

2.Posté par Alasko zoum le 16/04/2012 01:52 | Alerter
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Laurent Gbagbo reste le seul ivoirien pour qui les occidentaux finiront par présenter des excuses au monde entier. La vérité finira par se savoir tôt ou tard

3.Posté par akpess coco le 16/04/2012 07:40 | Alerter
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Si nos sous-prefets de presidents africains avaient juste la moitié de la dignité du pr Gbagbo, l'afrique ne serait pas dans cette situation de tristesse et de pauvreté.

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