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Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères : “Obama ne veut plus suivre la France”

L'Afrique en mouvement - Afrik53 - News le Lundi 17 Janvier 2011 à 13:42 | Lu 754 fois



Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères : “Obama ne veut plus suivre la France”
Le ministre ivoirien des Affaires étrangères, S.E.M. Alcide Djédjé, a accordé une interview au quotidien français France-Soir, dans son édition de vendredi dernier. La crise post électorale, le rôle néfaste de Nicolas Sarkozy, Suzanne Rice et de l’ONU dans cette situation, le financement de la rébellion armée, les Français résidant en Côte d’Ivoire…, autant de sujets que le chef de la diplomatie ivoirienne a abordés sans faux-fuyants. Nous vous proposons l’intégralité de ce «questions-réponses»

France-Soir : Que reprochez-vous à la France ?

Alcide Djédjé : Ce que nous reprochons, c'est que tout ce qui se passe a été orchestré depuis le début par Paris ! C'est une volonté de règne. C'est un esprit de colon. L'idée est de bien montrer que la Côte d'Ivoire est considérée par la France comme une colonie. C'est la même volonté aujourd'hui que celle de Jacques Chirac en 2002 qui continue.

F.S. : Qui a financé la rébellion ?

A.D. : Ce n'est pas un parti politique qui peut se financer des armes avec les seules cotisations. Un parti politique ne monte pas une rébellion. Il y a eu énormément d'appuis extérieurs qui ont fait qu'en 2002, la rébellion a été créée et entretenue. Depuis, cette force a la volonté farouche de ne pas désarmer. Malheureusement, une organisation comme celle des Nations unies continue de servir d'officier pour maintenir cette division en couvrant tout ça.

La France veut continuer de gagner de l'argent sur la Côte d'Ivoire comme au temps colonial et continuer à placer des copains. Ouattara et son épouse sont les amis du Président Sarkozy. C'est quand même plus commode pour eux d'avoir celui-ci au pouvoir à la tête de la Côte d'Ivoire. Ils font fi de ce que cela peut coûter à la Côte d'Ivoire : les morts et les humiliations. Tout ça n'est pas important pour eux. Ils ont mis ainsi à disposition de l'opposition tous les médias, les réseaux d'argent, etc. C'est Paris qui a décidé des résultats de l'élection en faisant fi des résultats de l'élection.

On n’imagine pas qu'en France ou dans un autre pays, on fasse accepter des résultats provisoires annoncés dans le QG de campagne des agresseurs. Avec, en plus, seulement le Président de cette commission présent sans les autres membres de la commission ! L'ambassadeur des Etats-Unis était assis là la semaine dernière et il m'a dit : «Ne résistez pas ! Les résultats seront acceptés par l'Union africaine et les autres Etats». Pour nous, c'est hors de question.

F.S. : Quel rôle jouent les Américains dans cette crise ?

A.D. : Il y a des choses que l'on saura après. L'ambassadeur américain et Alassane Dramane Ouattara se connaissent. On nous a dit également que Suzanne Rice a été la lobbyiste d'Alassane Dramane Ouattara avant qu'elle ne vienne aux affaires. Mais... Mais le Président Obama s'est ravisé. Il ne veut plus continuer dans le sens de la France. Nous lui avons expliqué la situation ici et il ne veut plus suivre Sarkozy.

F.S. : Comment sortir de la crise post électorale selon vous ?

A.D. : Le vrai problème, c'est le désarmement. Le problème de la Côte d'Ivoire, c'est ça. Le fait qu'une faction tienne des hommes armés au nord. L'accord de Ouagadougou en 2007 précisait très bien qu'il fallait un désarmement total deux mois avant les élections. Cela n'a jamais été respecté et on nous a forcé la main pour les élections. Le Président Gbagbo a reçu des pressions fortes pour accepter d'y aller. L'ONU disait : « Ceux qui ne veulent pas des élections seront sanctionnés, etc.

» J'ai eu Suzanne Rice au téléphone la semaine dernière et je lui ai demandé si elle se souvenait de ce que je lui avais dit en mars : «Oui». Je lui ai déclaré : «Vous êtes en grande partie responsable de ce qui se passe ici parce que vous avez humilié Monsieur Choï (émissaire de l'ONU) qui avait fait un rapport très clair : ''On ne peut pas faire d'élections sans réunification'' ; et vous l'avez traité de pro-Gbagbo.

Et je vous avais dit, dans un discours, que vous ne deviez pas faire des élections un dogme. Nous avons deux objectifs : c'est la paix et la réconciliation. Pas des élections pour des élections». Mais ils avaient déjà leur calendrier et des résultats préfabriqués. Ils ont obligé le Président de la Commission électorale indépendante à donner des chiffres préparés par Paris parce que le Président Sarkozy s'est occupé de façon grossière des chiffres de l'élection. L'ONU comme la France se sont transformés en agent de déstabilisation en acceptant de se substituer à l'Etat ivoirien. Le Conseil de Sécurité de l'ONU a accepté des thèses racistes au lieu d'être un agent de paix. C'est triste pour l'ONU et la France.

F.S. : Que répondez-vous aux accusations d'exactions commises par le pouvoir dont vous êtes un des principaux ministres ?

A.D. : Attendez ! Il y a eu une trentaine de policiers et de militaires tués par des rebelles ! Une part a été tuée à Abobo et Anyama, communes au nord d'Abidjan en proie à de violents combats entre forces de sécurité pro-Gbagbo et civils pro-Ouattara). Quand on parle de Droits de l'Homme cela s'applique à tout le monde. A moins que l'on me dise que les policiers et les militaires ne sont pas des hommes! Les rebelles sont en civil et squattent les quartiers d'Abobo et d'Anyama. Ils sont sur la ville et sont armés en prévision de cela, de ce qui s'est passé.

F.S. : Est-ce que l'on peut craindre une partition voire une guerre civile en Côte d'Ivoire ?

A.D. : Non. Mais le Président Sarkozy ! conduit beaucoup de choses dangereuses. Il prépare une réunion secrète des Etats de la CEDEAO qui doit se tenir à Bouaké. F.S. : Les Français de Côte d’Ivoire doivent-ils craindre d'être agressés comme en 2004 ? A.D. : Les Français ne sont pas menacés. En 2004, on les a obligés à partir. Quand ils sont arrivés à Paris, ils n'ont rien eu. Quand vous avez bâti toute une vie à un endroit et que l'on vous donne des miettes..., 200 ou 300 euros, ce n'est rien.

C'est complètement ridicule au regard de la vie ici. Les Français ici ont des villas avec des domestiques, des entreprises qui marchent, ils sortent au restaurant le soir et gagnent le jour leur salaire à la sueur de leur front. Ceux qui restent ne veulent pas bouger et ils luttent pour la réouverture des écoles françaises qui sont fermées jusqu'au 17 janvier. Non vraiment, ils sont les protégés des Ivoiriens. Ils vont d'ailleurs avoir une réunion avec Charles Blé Goudé dans peu de temps qui, dans ses discours, précise bien que les Français de Côte d'Ivoire sont avec nous et pas avec Sarkozy.

NB : le chapeau est de la rédaction de Notre Voie

(Source : www.francesoir.fr)
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Lundi 17 Janvier 2011
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