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Alassane Ouattara - Essy Amara industrialisation ou expropriation des paysans Ivoiriens

News en temps réel - Isaac Pierre BANGORET (Écrivain) le Samedi 7 Février 2015 à 07:52 | Lu 1182 fois



« Nous avons l’ambition » dit Alassane Ouattara, « d’augmenter le niveau de transformation de nos matières premières […] Nous allons également continuer à diversifier notre économie, audelà

du secteur agricole par une contribution des mines, du pétrole, du Gaz… ». Essy Amara envisage, quant à lui, l’industrialisation de notre agriculture, à partir de la réforme foncière. Tous ces projets ont, grosso modo, été déjà proposés par tous les gouvernements précédents, d’Houphouët à Gbagbo. Ces programmes économiques séduisants peuvent malheureusement conduire un peuple à sa ruine si les lois adoptées qui les accompagnent ne sont pas contrôlées par les Institutions politiques adéquates, avec à leur tête, des personnalités acquises à la cause du peuple.

Un exemple concret pour mieux étayer notre assertion. L’industrialisation de l’agriculture fait allusion à l’introduction de machines, d’outils modernes dans le milieu agricole et à la transformation des matières premières en produits finis dans des usines. Ceux qui animent la filière de production sont d’abord les paysans, viennent ensuite les industriels, qui écoulent les produits finis sur le marché.

Les industriels ont toujours pour souci de contrôler le marché et toute la filière de production pour faire plus de profits. Certains s’organisent donc en Trusts ; ces entreprises propriétaires soit de toute la filière de production de la matière première au produit fini, soit de toutes les entreprises du même secteur, dans le but de dominer et les producteurs (les paysans) et le marché, et d’éliminer ainsi toute concurrence. Considérons l’exemple de la chute brutale du prix de l’hévéa en Côte d’Ivoire passé de 1000 francs en 2011 à 273 Francs en 2015.

Une telle situation pourrait inciter, par exemple, certains paysans ruinés à brader leur plantation, leurs terres, aux industriels de ce secteur, ou à des entités plus importantes proches du pouvoir en place qui ne prend, expressément, aucune disposition véritable pour protéger le patrimoine de ces derniers. Il a été, en Côte d’Ivoire, créé, à dessein, dans le secteur de l’hévéa, une bulle financière, c'est-à-dire un marché spécifique où le prix de cette matière première a augmenté rapidement et a connu ensuite une chute brutale, imprévisible.

On assiste aujourd’hui à un éclatement de cette bulle contrôlé, évidemment, par les industriels de ce secteur ; les paysans sont ruinés pendant qu’eux s’enrichissent, puisque le prix des produits finis issus du latex ne subissent pas de chute, contrairement au prix d’achat de la matière première. Cet exemple met en évidence une forme indirecte, subtile, d’expropriation de nos terres et de notre Foncier rural, dans le cadre de l’industrialisation de notre agriculture, si le politique n’entreprend rien pour garantir les intérêts des paysans, du peuple, ou pour adopter des lois Antitrust ou Anticartel à observer strictement. Aucune industrialisation véritable ne peut, en général, se faire, sans une réforme foncière.

C’est à ce niveau que le tandem Alassane Ouattara - Essy Amara attire notre attention. Essy parle de réforme foncière quand Ouattara, dans son discours du Nouvel An, fait du Foncier rural une priorité, après avoir remis en cause la loi foncière de 1998 relative au Foncier rural, loi fondée sur un consensus politique, une adhésion sociale, à cause du climat conflictuel.

Ouattara entend résoudre le problème de nos terres avec ses amis européens Sarkosy, Lagarde etc puisque l’Union Européenne est avant tout dirigée par des hommes politiques qui se soumettront au dictat des autorités françaises. Pour exproprier les Ivoiriens, Ouattara doit se débarrasser de toutes les personnalités politiques garantes de l’impartialité de nos Institutions ; le Constitutionaliste Francis Wodié n’est plus à la tête de la Cour Constitutionnelle à huit mois des échéances électorales, et l’éminent juriste René AphingKouassi,

président de la bonne gouvernance se retrouve à la tête de la Cour suprême. Il suffit
d’analyser les attributions de la bonne gouvernance et celles de la Cour suprême pour comprendre que Ouattara tient à étouffer, de manière subtile, les compétences de ce grand travailleur, loyal, bien introduit dans les arcanes aussi bien du monde de la justice que de nos institutions politiques. Il convient de nous attarder d’avantage sur la présidence de la Cour Constitutionnelle pour comprendre que Ouattara tient à saper les bases des Institutions de la République : l’Exécutif, le Parlement, la Cour Constitutionnelle, puisque le pouvoir judiciaire (la Cour suprême) n’a pour rôle que de contrôler l’application de la loi, de sanctionner son non-respect et non de se prononcer sur sa justesse.

Toutes les Institutions sont régies par la Constitution de notre pays. Le président de la Cour Constitutionnelle, Gardien de la Maison ivoirienne est chargé de veiller à son strict respect . Le départ de Francis Wodié proviendrait, selon Jeune Afrique, « d’une banale histoire de procédure » que le journaliste qualifie erronément « de simple protocole additionnel ». Si le texte à ratifier par nos députés provient d’une institution étrangère à notre pays, il va de soi que la Cour Constitutionnelle se doit de statuer d’abord sur sa conformité avec notre Loi fondamentale, avant que les députés ivoiriens ne soient appelés à le ratifier.

Un exemple concret pour nous amener à mieux comprendre la position du professeur Francis Wodié relevée par Jeune Afrique et non par le concerné. Lorsque le 17 juillet 1998 fut adopté le statut de la Cour pénale internationale, une décision du Conseil constitutionnel français du 22 janvier 1999 a déclaré certaines dispositions du statut de Rome contraires à la Constitution française. Avant toute ratification de ce statut il fallait donc procéder en France à une révision constitutionnelle. Fort de cet exemple concret, nous pouvons affirmer que Francis Wodié, président de la Cour Constitutionnelle de notre pays, se devait donc de se prononcer sur le caractère contraignant ou non de ce texte, de sa conformité avec notre Constitution avant qu’il ne soit ratifié par les députés.

Ce vice de procédure « relevé » par Wodié rend, dorénavant, légitime, toutes sorte d’abus au sein du Parlement ivoirien. Ouattara pourrait, éventuellement, décider de modifier l’article 35 de notre Constitution directement au Parlement Ivoirien, et cela serait chose faite. Cette procédure que Jeune Afrique qualifie, à tort, de banale ne peut être, par conséquent, dissociée de la question relative à la modification de l ’article 35 de notre Constitution parce que cautionner une procédure illégale nous introduit forcément dans un cas de jurisprudence, conformément à « la règle du précédent », surtout que le Parlement est une Haute institution de l’État.

Le Constitutionnaliste Francis Wodié démissionnaire ou remercié pose un problème crucial, celui de l’impartialité de nos Institutions, au moment où Ouattara choisit de s’attaquer au Foncier rural, à des litiges fonciers et Essy Amara à une réforme foncière, dans le cadre de l’industrialisation de notre agriculture. La nomination de Mamadou Koné à la Cour Constitutionnelle n’est qu’une simple diversion. Ouattara inéligible, opposé à l’organisation des élections présidentielles de 2015, installe à la tête de cette institution une personnalité vomie par l’opposition, afin qu’elle choisisse délibérément de baisser les bras, et de ne plus lutter pour des élections transparentes, apaisées.

Sa stratégie consiste à pousser l’opposition à l’erreur afin de faire porter à ses membres la faute de ses propres incompétences, ou à les corrompre, en leur promettant le financement des partis politiques, et non une Cei consensuelle. Une manière de dire à l’opposition: « prenez l’argent et cédez moi vos droits ». Une question demeure sans réponse : quelles sont, désormais, les institutions qui empêcheront Ouattara de se présenter aux élections présidentielles de 2015 ou de brader à ses amis nos terres ?

La réponse à cette demande concerne tous les Ivoiriens, car si le Sud de la Côte d’Ivoire est riche de ses matières premières agricoles comme le café, le cacao, le Nord est assis sur du diamant, de l’or… Il appartient, donc, à tous les Ivoiriens de méditer cette phrase de Karl Polanyi : « Abandonner le destin du sol et des hommes au marché équivaudrait à les anéantir ». Ouattara qui ne jure que par le marché nous anéantira
certainement, si nous ne nous unissons pas pour défendre nos institutions, nos terres.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)
Samedi 7 Février 2015
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