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11 ans de l’attaque terroriste contre la Côte d’Ivoire/ Lida Kouassi témoigne : « Il me fallait réagir »

le Samedi 21 Septembre 2013 à 00:00 | Lu 907 fois



11 ans de l’attaque terroriste contre la Côte d’Ivoire/ Lida Kouassi témoigne : « Il me fallait réagir »
A l’occasion des 11 ans de l’attaque terroriste contre la Côte d’Ivoire, le 19 septembre 2002, nous vous avons proposé hier la première partie du témoignage du ministre de la Défense de l’époque, Moïse Lida Kouassi. Aujourd’hui, nous vous proposons la suite et fin de ce témoignage inédit.

Il me faut réagir et ne pas céder à l'émotion. Je réagis donc avec véhémence en disant : Vous êtes des soldats, vous n'êtes pas des femmelettes ! On tue un ministre d'Etat et vous pleurez ! C'est un acte de guerre ! Si vous n'êtes pas capables de faire la guerre, déposez vos armes et foutez le camp!
En entendant ces propos, les soldats se ressaisissent, reprennent leurs armes et partent, l'air grave et déterminé, à la chasse des assaillants.

Dans la foulée, le ministre d'Etat Bohoun Bouabre et Bertin Kadet, mon directeur de cabinet, nous rejoignent à leur tour, le ministre Désiré Tagro et moi, à la résidence du Chef de l'Etat. C'est en leur présence que j'entreprends d'évaluer la situation et de prendre toutes les décisions et mesures d'urgence en ce jeudi 19 septembre. D'abord, en m'assurant, auprès des commandants des unités combattantes d'Abidjan, qu'aucune d'entre elles n'avait basculé dans le camp ennemi.

Ensuite, en constatant qu'elles ont effectivement la volonté de se battre pour défendre la patrie en danger. Enfin, en vérifiant qu'aucun symbole significatif, aucune institution de l'Etat n'est tombée aux mains des assaillants à Abidjan. Contrairement aux habitudes, les assaillants n'ont guère cherché à prendre ni la Télévision ni la Radio ! Manifestement, leur mode d'action vise cette fois-ci à assassiner des personnalités publiques ciblées pour décapiter l'Etat et s'emparer du pouvoir ! II faut donc endiguer au plus vite ce plan d'action.

C'est au moment où je m'interroge à cet égard que l'on m'annonce la visite de l'ambassadeur de France, Renaud Vignal, que je reçois aussitôt à sa demande à huis clos. Le diplomate français feint d'abord de s'enquérir de la situation générale. Je le rassure en indiquant que la situation n'est pas compromise et que les forces de défense et de sécurité réagissent plutôt bien dans l'ensemble. II me fait alors part de sa vive préoccupation au sujet de monsieur Ouattara et me demande de l'autoriser à le prendre à sa résidence.

Je lui rétorque que pour l'instant je me préoccupe moins du sort d'un individu que de la situation générale qui prévaut dans le pays. Le cas Ouattara pourrait être rediscuté plus tard. L'ambassadeur Vignal me fait alors cette remarque sibylline : Monsieur le ministre d'Etat, vous voilà par la force des choses dans la position d’un chef d'Etat ! Et vous pourriez y demeurer !

Ayant parfaitement saisi le sous-entendu du propos du diplomate français, ma réaction se fait instantanément hostile : Excellence, si telle est la mission qui vous amène ici, vous feriez mieux de repartir tout de suite par la même porte!

L'ambassadeur repart, visiblement contrarié et honteux; à partir de là nos rencontres ultérieures ne pouvaient qu'être constamment houleuses.

Peu après ces faits, un véhicule blindé de l'armée débarque le général Touvoli Bi Zogbo, commandant supérieur de la gendarmerie, avec son épouse et son enfant. Surpris eux aussi à leur résidence par les commandos-tueurs des assaillants, ils viennent d'échapper de justesse à la mort, grâce à l'intervention de quelques tireurs d'élite de la gendarmerie.

A ce stade de la journée, les forces loyalistes ont déjà entrepris de réagir. Ce sont d'abord les éléments de la BAE, unité d'élite de notre police nationale, qui sont entrés les premiers en action à Yopougon, en ayant brisé le dispositif des assaillants autour de leur caserne. Ce sont ensuite les éléments du camp de gendarmerie d'Agban, conduits par les capitaines Abéhi Jean Noël et Séka Anselme, qui sont entrés à leur tour dans la danse. Sous la conduite de ces deux officiers, les MDL Beugré Lacos, Diabaté Ismaël Ben Ali, Dady Gnabro, Dodora Serges, Gawa Mobio, Gnamké Aka Yves, Yao Yao Paul et Yéo Soukoussou, embarqués sur deux véhicules blindés, ouvrent le feu et mettent en déroute les assaillants massés à l’entrée du camp. Ce sont enfin les élèves de l’Ecole de gendarmerie, aux ordres du colonel Guiai Bi Poin qui, ayant fait sauter le verrou des assaillants devant l’école, ont engagé une course-poursuite de ces derniers dans le quartier de Cocody. Entre-temps, plusieurs appels téléphoniques nous annoncent que le général Guéi se trouverait tantôt dans la forêt du Banco à la tête d'un groupe d'assaillants, tantôt dans sa résidence d'où il coordonnerait leurs actions.

Dans cette folle ambiance, le secrétaire général de l'archevêché d'Abidjan me joint au téléphone. II s'inquiète de ce qu'un groupe de militaires portant des bérets rouges, menacent de pénétrer dans l'enceinte de la Cathédrale Saint Paul pour y rechercher le général Robert Guéi. II tient à m'assurer que ce dernier ne se trouve pas à la Cathédrale. Je lui promets donc de donner instructions aux autorités militaires pour faire évacuer les lieux. Sitôt après, je demande au colonel Kassaraté de vérifier l'identité des militaires qui sont signalés à la Cathédrale et de leur faire savoir qu'ils doivent quitter les lieux.

C'est pendant que fusent de toutes parts ces informations faisant état de la présence du général Guéi à plusieurs endroits à la fois, que je reçois un appel anonyme selon lequel l'ex-chef du CNSP aurait trouvé la mort avec quelques-uns de ses gardes de corps aux environs de la polyclinique internationale Sainte Anne-Marie (PISAM) de Cocody. J'en informe aussitôt les quelques journalistes présents à la résidence. Ils se déportent immédiatement sur les lieux en compagnie de quelques soldats ; ils en reviennent un peu plus tard et confirment la mort du général.

C'est bien après que les corps de Mme Doudou Rose épouse Guéi et du capitaine Fabien Coulibaly, tous deux abattus eux aussi par des éléments inconnus, sont découverts à quelques mètres de la résidence du général à Adjamé. Pendant ce temps, l'émetteur de la RTI est rétabli grâce au courage et à l'engagement exemplaires d'une poignée de techniciens rassemblés par Pol Dokoui. Je décide donc de faire, au nom du gouvernement, un message à la nation afin de donner la preuve que I 'Etat subsiste et que les institutions ne se sont pas effondrées. Au moment où je m'emploie à rédiger ce message, on m'annonce à nouveau la visite de I'ambassadeur Vignal.

Revenant sur le cas de monsieur Ouattara, celui-ci me déclare d'emblée : Monsieur le ministre d'Etat, vous savez bien que s'il arrivait malheur à monsieur Ouattara, non seulement ce pays s'embraserait, mais en plus de la mutinerie, vous auriez affaire à un soulèvement populaire intenable. Je vous conseille donc de comprendre que vous devez nous remettre monsieur Ouattara afin qu'il soit en lieu sûr. Naturellement, j'oppose pour la seconde fois une fin de non recevoir à I' ambassadeur de France.

Dans mon message télévisé et radiodiffusé en direct, j'indique clairement que nos forces ont fait échec au coup d'Etat, que le général Robert Guéi, instigateur présumé du coup de force, a trouvé la mort et que monsieur Ouattara se trouve en lieu sûr. Ce message a eu un effet déterminant en rassurant la population et en redonnant confiance aux forces de défense et de sécurité.

II est cependant diversement apprécié : d'aucuns me reprochent d'avoir occulté dans ce message l'assassinat du ministre d'Etat Boga Doudou; d'autres s'indignent du fait que j'aie mentionné que monsieur Ouattara est en lieu sûr ! C'est, du reste, peu avant la diffusion de ce message que Madame Boga et ses enfants sont arrivés totalement traumatisés de l'école de police à la résidence du Chef de l'Etat. J'ai demandé au chef de cabinet Kuyo Téa d'aménager une pièce à l'intérieur de la résidence pour les recevoir.

Evidemment, ceux qui n'ont pas vécu cette situation ne peuvent comprendre pourquoi je ne pouvais annoncer, dans ce message radiotélévisé en direct, la mort tragique du ministre de l'Intérieur au moment où, sans doute, son épouse et ses enfants regardaient la télévision quelque part dans une pièce de la résidence! S'agissant de monsieur Ouattara, que pouvais-je dire d'autre, sans courir le risque d'envenimer davantage encore une situation déjà compromise par les affrontements sanglants ?

Quoiqu'on en pense, l'effet recherché de mon message était pourtant atteint : redonner confiance et espoir aux populations d'une part et provoquer chez les soldats un sursaut patriotique pour la sauvegarde du pays d'autre part.

C'est en effet à partir de ce message que toutes les autres unités combattantes de la police, de la gendarmerie ainsi que des forces militaires basées à Akuédo et à la base aérienne de Port-Bouët sont entrées en action. Après les premiers moments d'affrontement, un soldat loyaliste arrive à la résidence en exhibant une curieuse prise. Un sac bourré d'amulettes et de gris-gris. Le journaliste Pol Dokui remarque dans cet amas de gris-gris, un brassard blanc sur lequel quatre lettres sont inscrites en bleu et rouge : MPCI. Regardez, s'exclame-t-il, qu 'est-ce que c'est que ça, MPCI! C'est peut-être une rébellion, quelque chose comme un mouvement patriotique de Cote d'Ivoire. Et c'est avec ces gris-gris-là qu'ils veulent prendre le pouvoir?

N'importe quoi. Ils vont gouverner qui avec ça !
Nous découvrions ainsi ensemble le premier indice identifiant le mouvement fantoche qui s'était attaqué cette nuit-là à la Côte d'Ivoire. Les forces loyalistes réagissaient à présent par une riposte vigoureuse à cette attaque armée. Surpris du reste par la puissance de feu et la cohésion des forces loyalistes, les assaillants du MPCI sont mis en déroute en quelques heures et contraints de quitter, dans la débandade totale, la ville d'Abidjan. Pendant ce temps, la situation se complique à Bouaké et à Korhogo.

A Bouaké, la base aérienne ainsi que tous les avions de chasse et autres moyens d'appui aérien qui s'y trouvent sont tombés sous le contrôle des assaillants ! Seuls quelques officiers parmi lesquelles le commandant de la base, Léopold Oué, pilote sur Alpha-jet, ont pu s'échapper et regagner Abidjan. Les autres camps militaires de la ville sont soit déjà occupés, soit encore assiégés. A Korhogo, le CTK et les brigades de gendarmerie, attaqués par surprise et ne disposant que d'une faible capacité de riposte face aux assaillants, sont déjà sous contrôle !

J'ai encore en mémoire mon dernier appel au colonel Esmel Atchori que ses geôliers ont exécuté à Bouaké, en me laissant écouter son supplice au téléphone. Je n'oublierai jamais la bravoure et la détermination exemplaire des éléments du peloton de gendarmerie qui ont résisté jusqu'à épuisement de leurs munitions avant de se rendre en levant un drapeau blanc. Ils seront passés par les armes et enterrés une semaine après dans une fosse commune à la périphérie de la ville.



PP 207-226
Extrait du livre «Témoignage sur la crise ivoirienne» de Moïse Lida Kouassi
Source : Notrevoie

Samedi 21 Septembre 2013
Vu (s) 907 fois



1.Posté par kone cote divoire* le 21/09/2013 09:46 | Alerter
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LA FRANCE AVAIT DEJA PREPARE AUPARAVANT SON COUP ET CHOISI SON ENFANT CHERI DRAMANE ALLASSANE WATRA MAIS TOUT CE QUE DIEU FAIT EST BON AUJOURD HUI IL A TOUT FAIT ET EST ASSIS AU POUVOIR SON TOUR ARRIVE ET EST DEJA ARRIVE! QUI VIVRA VERRA.............A BON ENTENDEUR SALUT...........VOUS ALLEZ PRENDRE DRAP DANS CE PAYS MEME TOUS VOS SOUTIENS N'EN REVIENDRONT TELLEMENT L’AMPLEUR VA VOUS SURVOLEZ.......REGARDER CA VIENT! PREPAREZ-VOUS.......VOUS ALLEZ VRAIMENT PRENDRE DRAP.................................................................

2.Posté par FRANCAIS REVOLTE le 21/09/2013 10:44 | Alerter
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LA FRANCE A VRAIMENT FAIT CA? LA HONTE!!!

3.Posté par Hermann N'da le 21/09/2013 11:49 | Alerter
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Rappelons que peu de temps après, l'ambassadeur Renaud vignal, le protecteur de Dramane OUATTARA, le parrain de la rebellion, a été rappelé "en consultations" en France par Jacques Chirac avant d'être muté au Brésil ou il trouva la mort quelques mois plus tard.

Renaud vignal avait mis une telle pression sur le ministre Lida kouassi que ce dernier a été contraint de dire exactement ceci sur les ondes de RFI " je demande aux militants du RDR de rester sereins car leur leader, Allassane Dramane OUATTARA est en sécurité et en lieu sûr."

Cette déclaration fut, effectivement, à l'époque assimilée à une trahison. En effet, une bonne frange de la population y voyait la, l'occasion d'en finir, une fois pour toutes, avec le CANCER de la CI. Mais Dieu seul sait les conditions dans lesquelles travaillait, ce jour-la, le mistre Lida.

Concernant le fait, pour le ministre Lida d'avoir occulté, lors de son message, l'assassinat du maître BOGA Doudou, cette situation avait été envenimée par une confusion savamment orchestrée par RFI qui ne cessait de faire croire à l'opinion que la situation qui prévalait était la résultante d'une guerre de leadership au sommet du FPI.
Cette manœuvre de distraction et de desinformation avait pour but de contribuer à aider la rébellion naissante à s'offrir une assise pour mieux déstabiliser la CI.

La France de Chirac puis de Sarkozy avait donc tout planifié depuis longtemps en s'appuyant sur le Burkina Faso du déstabilisateur -médiateur en chef, Blaise COMPAORE .

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